Valais - Le mauvais élève veut se mettre à la page
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ValaisLe mauvais élève veut se mettre à la page

Il y a quelques années encore, prononcer le mot fusion face à des Bas-valaisans, c’était risquer le bûcher ou l’échafaud. La donne pourrait radicalement changer.

par
Fabrice Zwahlen
Une fusion entre Collombey-Muraz et Monthey déboucherait sur une commune de quelque 29 000 habitants.

Une fusion entre Collombey-Muraz et Monthey déboucherait sur une commune de quelque 29 000 habitants.

Chantal Dervey/A

Le Bas-Valais est l’un des cancres suisses en matière de fusions. Depuis 1990, la région n’a connu que trois mariages: Saint-Maurice avec Mex (effectif dès 2013), Charrat avec Martigny (2021) ainsi que Vollèges et Bagnes (2021). Le nombre de communes n’a ainsi baissé que de 36 à 33. Mais la prochaine décennie devrait être radicalement différente.

Le projet le plus avancé est chablaisien. Les citoyens de Collombey-Muraz - les 20 et 21 septembre - et ceux de Monthey - les 27 et 28 septembre -, sont conviés à découvrir le texte qui doit sceller leur union. Ce rapport de fusion pourra encore être retouché avant le vote populaire du15 mai 2022. En cas de oui, la commune deviendrait, le 1er janvier 2025, la dixième la plus peuplée de Romandie avec 29 000 habitants environ.

La réflexion va démarrer dans le Haut-Lac

Début 2022, un processus de réflexion sera lancé par Port-Valais, Saint-Gingolph, Vionnaz et Vouvry. C’est une première! Depuis deux ans, les localités du Haut-Lac sont déjà réunies au sein d’une association de communes (nombreux services communs). Dans la Vallée d’Illiez, la question n’a jamais été officiellement abordée. Les présidents estiment qu’une éventuelle fusion devrait regrouper toutes leurs communes, sinon elle n’aurait aucun sens.

Deux communes dans le district de Martigny?

Si Vernayaz drague Martigny, un projet (encore théorique) d’un Grand Martigny pourrait réunir quatre communes du district et six de celui de Saint-Maurice. Massongex et Vérossaz vont, elles, privilégier une fusion commune et avec une ville (Monthey ou Saint-Maurice). Enfin, une étude a été lancée dans le district de Martigny par les Exécutifs de Chamoson, Isérables, Leytron, Riddes et Saillon en vue d’une possible fusion.

Enfin, le Grand Entremont pourrait voir le jour par étapes. D’abord via une union par vallées (Bagnes, Entremont), puis globale, afin de créer la plus grande commune du pays.

Plusieurs arguments pour fusionner

Divers arguments plaident en faveur d’une fusion: obtenir une fiscalité plus avantageuse, créer une commune ayant plus de poids par rapport au Canton, lutter contre un manque d’intérêt pour l’engagement politique. Se doter d’une administration plus professionnelle pour mieux répondre aux besoins des citoyens et à la complexité de certains dossiers est aussi souvent cité. Le principal argument contraire: le risque d’une perte d’identité.

Dynamique romande sauf sur Genève

Depuis 2005, le canton de Neuchâtel a vu son nombre de communes se réduire de 55% (de 62 à 28). Cette baisse est de 21% dans le canton de Vaud (381 à 302) et de 20% en Valais (153 à 122). Fribourg est passé de 176 à 128 communes durant ce laps de temps. Le canton en comptait même 284 en 1960. La baisse est donc de 55% en soixante ans. Dans le Jura, on est passé de 83 à 53 (-36%). Enfin, statu quo sur Genève qui compte 45 communes depuis 1931.

Lutte à trois pour le podium

Le top 5 des villes romandes les plus peuplées évolue régulièrement depuis 2016. À cause d’un solde migratoire négatif de 700 personnes en 2017, La Chaux-de-Fonds a perdu sa troisième place (derrière Genève et Lausanne), en faveur de Fribourg. Depuis 2021, les deux cités sont devancées par Neuchâtel, suite à la fusion avec Corcelles-Cormondrèche, Peseux et Valangin. L’avènement de la commune du Grand Fribourg pourrait à nouveau modifier la donne.

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