Affaire Muller (GE): Le MCG veut pouvoir destituer le Conseil d'Etat
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Affaire Muller (GE)Le MCG veut pouvoir destituer le Conseil d'Etat

Suite aux déboires de Mark Muller, le parti d'Eric Stauffer va déposer un projet de loi pour que le Grand Conseil puisse engager une procédure pour virer le gouvernement.

par
Raphaël Leroy

Une gérance immobilière cantonale qui dysfonctionne, un loyer modique pour un appartement de sept pièces et enfin l'agression d'un barman une nuit de réveillon. Les affaires s'accumulent pour Mark Muller, mais n'ont toujours comme conséquence que le maintien du magistrat PLR en poste.

Légalement, rien n'oblige un conseiller d'Etat à démissionner et c'est bien cela que le Mouvement citoyens genevois (MCG) ne tolère plus.

Réunir les 2/3 du parlement

Dans quelques jours, le parti va déposer un projet de loi donnant le pouvoir au Grand Conseil de destituer l'ensemble du Conseil d'Etat en cas de fautes.

«L'idée, c'est de créer des élections anticipées si les 2/3 du Parlement le décident, explique le président du MCG, Eric Stauffer. Par ce biais, le Conseil d'Etat in corpore serait obligé de faire pression sur un collègue accumulant les casseroles. Sinon, tous se verraient sanctionnés.»

En effet, le règlement du Grand Conseil ne contient aucun article permettant cette procédure. Une initiative similaire des communistes avait d'ailleurs été lancée en 2009, mais n'avait pas abouti.

Réactions mitigées

«C'est une proposition démagogique, s'exclame le président du parti socialiste, René Longet. On va droit vers un régime pire que la IVe République française. Vu qu'il est aisé de réunir des mécontents, il y aura des élections tous les six mois.»

A droite, on n'est pas plus enthousiaste. «Le Conseil d'Etat est élu par le peuple, c'est donc au peuple de s'exprimer et non au Grand Conseil», estime le président du PLR, Alain-Dominique Mauris.

Des indemnités très secrètes

Combien Mark Muller a-t-il payé pour que le barman du MàD retire sa plainte? A cette question, les avocats des parties restent muets, comme les deux protagonistes de l'affaire. Eric Stauffer est le seul à avancer le chiffre de 50’000 fr. «Je le tiens de source sûre, affirme-t-il. Un premier montant de 25’000 fr. a été versé de suite et un second sera versé dans les 30 jours si la confidentialité est respectée.» Le Conseil d’Etat, lui, demandera le chiffre exact au magistrat, selon tdg.ch.

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