Actualisé 05.04.2020 à 12:35

Coronavirus

Le Mécanisme européen de stabilité réclamé par Berlin

Emblématique de la crise de la dette grecque, l'instrument européen a été évoqué par l'Allemagne afin de faire face aux conséquences économiques de la pandémie en Europe.

«Je propose d'utiliser les moyens déjà existants, rapidement et efficacement», a déclaré le ministre allemand des Finances.

«Je propose d'utiliser les moyens déjà existants, rapidement et efficacement», a déclaré le ministre allemand des Finances.

Keystone

Le ministre allemand des Finances Olaf Scholz s'est déclaré vendredi favorable au déploiement du Mécanisme européen de stabilité (MES) pour soutenir les finances des états européens, face à la pandémie du coronavirus, plutôt qu'une mutualisation des dettes réclamée par certains pays européens.

«Aucune condition insensée»

«Je propose d'utiliser les moyens déjà existants, rapidement et efficacement», a précisé le ministre dans une interview au groupe de médias allemand Funke.

«Il n'y aura aucune condition insensée comme par le passé. Aucune Troika ne viendra dans les pays pour dire aux gouvernements quelle politique ils doivent mener», a-t-il ajouté en référence aux plans de sauvetage de la Grèce lors de la crise de la dette.

Cette déclaration est destinée à rassurer certains pays du Sud, dont l'Italie, qui craignent que les prêts accordés par le MES ne viennent avec l'exigence de politiques d'austérité budgétaire.

Berlin propose également l'instauration d'une réassurance chômage au niveau européen, et d'avoir recours à la Banque européenne d'investissement pour prêter aux entreprises. Mais le ministre réitère le refus de l'Allemagne d'une mutualisation des dettes sous la forme de «corona bonds».

Houleuses négociations

Certains Etats européens, dont la France et l'Italie, ont appelé l'Allemagne, et certains pays du nord de l'Europe, à changer de position sur cette question, demandant la mutualisation de certaines dettes face aux conséquences économiques de la pandémie.

Dans une lettre adressée au président du Conseil européen, Charles Michel, les dirigeants de neufs pays européens, dont le président français Emmanuel Macron et le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, ont appelé la semaine dernière à la création de ces emprunts.

Mais la mutualisation des dettes est fortement rejetée par l'Allemagne et les pays du nord, plus vertueux sur un plan budgétaire. Cette opposition à l'idée de mutualiser des dettes avait culminé en 2015 lors des houleuses négociations pour un troisième plan de sauvetage de la Grèce, alors en plein marasme économique. (nxp/ats)

(NewsXpress)
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