Drame ferroviaire en Espagne: Le mécano désormais seul face à la justice
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Drame ferroviaire en EspagneLe mécano désormais seul face à la justice

Un non-lieu a été rendu pour les gestionnaires du réseau ferré espagnol, dans l'enquête sur l'accident qui avait fait près de 80 morts à Saint-Jacques-de-Compostelle, en 2013, le conducteur étant désormais le seul inculpé.

S'ils estiment que «l'absence», sur le lieu de l'accident, du système européen ERMTS qui prévoit un freinage automatique en cas de dépassement de la vitesse autorisée était bien «dangereuse», les trois magistrats qui ont rendu le non-lieu concluent toutefois qu'elle n'est pas constitutive de négligence, explique le Tribunal supérieur de Galice (nord) dans un communiqué, a-t-on appris de source judiciaire mercredi.

Dans un arrêt daté du 30 septembre dont les motivations ont été diffusées mercredi, les trois juges ont donc rendu un non-lieu pour les 12 responsables d'Adif, qui gère le réseau ferré espagnol, inculpés en mai.

Les magistrats estiment en revanche qu'il est «simplement absurde» de penser que le conducteur, Francisco José Garzon Amo, habitué à ce trajet, «pouvait avoir un doute quelconque sur ses obligations ou sur quelle consigne il devait respecter», comme le fait de devoir «arriver au lieu de changement de vitesse à une vitesse déterminée», selon le communiqué du Tribunal.

Les magistrats maintiennent donc l'inculpation, annoncée le 29 juillet 2013, du conducteur pour 79 faits d'homicide par imprudence.

Près de 180 km/h au lieu de 80 km/h

Le train arrivant de Madrid, abordait à 179 km/h une courbe dangereuse, où la vitesse est limitée à 80 km/h, quand il a déraillé, le soir du 24 juillet 2013, dans le hameau d'Angrois, à quatre kilomètres de Saint-Jacques-de-Compostelle.

A ce moment-là, le conducteur, venait d'avoir une communication téléphonique avec le contrôleur du train.

Un an après l'accident, le 24 juillet dernier, Francisco José Garzon Amo, libre sous contrôle judiciaire, avait exprimé, dans une lettre aux victimes, sa «douleur» et demandé «pardon».

«Je ressens le besoin de vous dire publiquement que chaque jour, depuis ce 24 juillet, je vis dans ma solitude, détruit par les conséquences de l'accident», écrivait-il.

(afp)

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