Pilule «Yasmin»: Le médicament ne sera pas retiré

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Pilule «Yasmin»Le médicament ne sera pas retiré

Pilule contraceptive de quatrième génération, «Yasmin» ne sera pas retirée du marché.

Pour Swissmedic, le cas zurichois d'embolie pulmonaire qui a laissé une jeune fille de seize ans gravement handicapée est tragique, mais isolé.

Le fabricant, le groupe allemand Bayer, a également évoqué «un cas rare et isolé d'effets secondaires». Peu de temps après avoir commencé à prendre la pilule, l'adolescente a été victime d'une embolie pulmonaire, a révélé l'émission «10 vor 10» de la TV alémanique jeudi soir. Après trois mois de coma artificiel, la malheureuse s'est réveillée lourdement handicapée.

Comme la deuxième génération

«Yasmin» est une pilule de nouvelle génération faisant appel au gestagène drospirénone, a expliqué vendredi à l'ATS le porte-parole de Swissmedic Joachim Gross. Le risque thrombo-embolique est moins élevé qu'avec les pilules de troisième génération et comparable à celui des pilules de deuxième génération.

«On pensait qu'il serait inférieur à celui des pilules de deuxième génération, mais ce n'est pas le cas», a ajouté M. Gross. Le cas de «Yasmin» a fait l'objet de «discussion intensives», une grande partie des complications thrombo-emboliques signalées lui étant imputées.

Annonces spontanées

Selon M. Gross, les annonces spontanées d'effets indésirables sont souvent plus fréquentes lorsqu'un nouveau médicament sort sur le marché. Néanmoins, outre les rapports périodiques sur la sécurité, Swissmedic a demandé à Bayer à plusieurs reprises des documents supplémentaires. Les études effectuées n'ont pas démontré de risque accru par rapport aux pilules de deuxième génération.

Pour l'Institut suisse des produits thérapeutiques (Swissmedic), toutes les mesures requises ont été prises. Médecins, patients et consommateurs disposent de toutes les informations nécessaires.

Pendant la période comprise entre le 1er janvier 2005 et le 15 avril 2009, Swissmedic a reçu 49 annonces de thrombo-embolies veineuses liées à des contraceptifs hormonaux, dont au moins un cas mortel. L'adolescente zurichoise ne présentait aucun facteur de risque, n'étant ni fumeuse ni obèse, a précisé Joachim Gross.

Pas admissible

Pour l'avocat de la famille Felix Rüegg, président d'une instance de conseil juridique aux victimes d'accidents et aux patients, le cas zurichois n'est pas isolé. Interrogé dans «10 vor 10», il a déclaré avoir connaissance d'autres jeunes filles âgées de 15 à 20 ans victimes d'embolies à cause du même produit.

Selon lui, il n'est pas admissible qu'une pilule contraceptive puisse conduire à un handicap aussi grave que celui subi par sa cliente.

Effets secondaires mentionnés

Interrogée à la TV alémanique, la porte-parole de Bayer Nathalie Krebs-Gerber a déclaré que les effets secondaires possibles sont dûment mentionnés sur la notice du produit. Il s'agit de s'adresser rapidement à son médecin en cas de doute.

Le géant pharmaceutique a pris en charge les frais de réadaptation de la jeune victime à hauteur de 200 000 francs, «une aide rapide et non bureaucratique», selon Mme Krebs-Gerber. Bayer souligne toutefois dans son courrier qu'il n'est pas démontré que l'embolie soit la conséquence de la prise de la pilule.

Selon des chiffres de Swissmedic cités dans l'émission, environ 20% des femmes prenant la pilule en Suisse utilisent «Yasmin», soit environ 100 000 d'entre elles. (ats)

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