Armes chimiques en Syrie: Le mensonge éhonté de Londres et Washington
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Armes chimiques en SyrieLe mensonge éhonté de Londres et Washington

Le ministre de l'Information, Omrane al-Zohbi, a accusé samedi les Etats-Unis et la Grande-Bretagne de «mensonge éhonté» à propos de l'éventuelle utilisation d'armes chimiques.

«Les déclarations du secrétaire d'Etat américain et du gouvernement britannique ne correspondent pas à la réalité et sont un mensonge éhonté», a déclaré le ministre syrien dans cette interview publiée en anglais sur le site de RT.

«Je tiens à insister une fois de plus sur le fait que la Syrie n'utiliserait jamais (d'armes chimiques), pas seulement parce qu'elle respecte la législation internationale et les règles d'une guerre, mais en raison de problèmes humanitaires et moraux», a ajouté M. al-Zohbi.

Le ministre a estimé que le lobby anti-Assad à l'ONU utilisait la peur de l'arme chimique comme un nouveau moyen de pression politique et économique sur le gouvernement syrien. Le premier ministre britannique David Cameron avait fait état vendredi de «preuves croissantes» de l'usage d'armes chimiques par le régime syrien, une escalade «extrêmement grave» de nature à encourager la communauté internationale à «faire davantage».

De leur côté, les Etats-Unis ont reconnu pour la première fois jeudi que le régime syrien avait probablement utilisé des armes chimiques. Mais Washington avait souligné que ses renseignements n'étaient pas suffisants pour avoir la certitude que Damas avait franchi la «ligne rouge» tracée par la Maison Blanche.

Enquête de l'ONU?

Le président américain Barack Obama a promis une «enquête très solide» sur l'utilisation éventuelle d'armes chimiques en Syrie. Il a mis à nouveau en garde Damas contre un recours à ces dernières, qui changerait selon lui «la règle du jeu» du conflit.

Le Royaume-Uni et la France ont demandé à l'ONU d'enquêter sur des accusations de l'opposition syrienne selon lesquelles Damas a utilisé des armes chimiques à Homs (centre) et dans les environs d'Alep (nord) et de Damas. Le gouvernement syrien a accusé les opposants d'avoir fait de même près d'Alep le 19 mars.

La Syrie a elle aussi demandé à l'ONU d'enquêter sur l'incident survenu à Khan al-Assal, a ajouté Omrane al-Zohbi. «Cela prouve une fois de plus que la politique du gouvernement syrien est orientée contre l'utilisation de toute arme de destruction massive par qui que ce soit : des terroristes, Israël ou tout autre pays voisin», a-t-il déclaré.

Le ministre syrien a accusé les grandes puissances occidentales de vouloir répéter en Syrie le «scénario irakien» qui a mené à la chute du dictateur irakien Saddam Hussein, en prétextant la présence d'armes chimiques dans le pays. L'argument des Etats-Unis de la présence d'armes de destruction massive en Irak avait servi à justifier l'invasion de ce pays en mars 2003. Cet argument s'était ensuite révélé faux. (ats)

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