Reconversion: «Le mental joue un rôle énorme à partir du 30-35e kilomètre»
Actualisé

Reconversion«Le mental joue un rôle énorme à partir du 30-35e kilomètre»

Ancien cycliste professionnel, le Vaudois Laurent Dufaux s'est lancé dans la course à pied il y a trois ans. Dimanche, il a couru le marathon de Genève en 2 h 40'14. Un chrono excellent pour son baptême du feu sur la distance.

par
Catherine Muller

A 40 ans - il les fêtera le 20 mai -, Laurent Dufaux a troqué son vélo contre une paire de basket. L'ancien cycliste, domicilié à Ollon (VD), a pris dimanche la 3e place du marathon couru dans la Cité de Calvin. Si les cracks de la distance n'étaient certes pas présents à Genève, la performance du Chablaisien reste remarquable. Après une nuit de repos, il s'est confié à 20 minutes online.

20 minutes online: Laurent, comment vous sentez-vous au lendemain de votre marathon?

Laurent Dufaux: Quand même courbaturé (sourire). Les jambes sont un peu lourdes, mais ça va!

Comment s'est déroulée votre course?

Plutôt bien! Au départ, je n'avais pas en tête de terminer sur le podium. Mais je m'étais quand même fixé comme objectif de courir en 2 h 45, en me basant sur mes récents résultats, notamment aux 20 km de Lausanne ou encore à Morat-Fribourg, en 2008. Après, comme je partais dans l'inconnu, je ne savais pas comment j'allais réagir au delà du 30-35e kilomètre, si mon organisme allait tenir le choc.

Qu'est-ce qui est le plus difficile lorsqu'on court un marathon pour la première fois?

Je dirai la gestion de l'effort, savoir quel rythme adopter pour tenir le coup jusqu'à l'arrivée. Il faut impérativement éviter de partir trop vite. Bien sûr, j'avas pris des conseils auprès de spécialistes de la distance, mais j'ai quand même fonctionné un peu au feeling, en fonction de la propre connaissance de mon corps. Car, si les bases sont les mêmes pour tout le monde, chacun réagit quand même différemment.

Avec quel état d'esprit avez-vous abordé cette épreuve?

D'abord, je pratique la course à pied avant tout pour le plaisir. Il ne s'agit pas de mon métier, comme avant, avec tout ce que cela implique comme sacrifices. Mais, bien sûr, courir un marathon exige un entraînement rigoureux. Une fois à l'arrivée, j'ai donc ressenti une certaine fierté d'avoir parcouru cette distance de 42, 195 km.

Votre passé de sportif de haut niveau vous aide-t-il aujourd'hui dans votre capacité à aller au bout de vos limites?

C'est indéniable. Le caractère que je me suis forgé durant ma carrière m'aide beaucoup dans une épreuve comme celle-ci. Car le mental joue un rôle énorme à partir du 30-35e kilomètre, c'est là où on commence à ressentir une grande fatigue et où il faut aller au delà de la douleur.

Allez-vous participer à d'autres marathons?

Cette année, j'avais dans l'idée de participer au marathon de Berlin (ndlr: le 20 septembre), mais la date ne jouait pas vraiment. Et puis, pour disputer un marathon à l'étranger, il faut s'y prendre tôt, au niveau des inscriptions. Du coup, je me suis dit que pour une première, j'allais me 'contenter' d'un marathon un peu plus modeste. Mais, en 2010, j'ai l'intention de disputer un marathon plus côté, avec 20-25 000 participants.

Ce sera aussi l'occasion de vivre des émotions nouvelles?

Bien sûr. A Berlin, par exemple, du premier au dernier kilomètre, les abords du parcours sont noir de monde. En tant que coureur, ça doit être magique de connaître une telle ambiance. Disputer celui de New-York, c'est aussi une question de prestige. Une fois qu'on a attrapé le virus du marathonien, il devient incontournable, c'est clair.

Ton opinion