Actualisé 12.01.2010 à 18:56

Avortement

Le meurtrier d'un médecin plaide la bonne foi pour réduire sa peine

Le procès de l'assassinat d'un médecin qui pratiquait des avortements tardifs dans une clinique du Kansas, a rebondi avant même son ouverture mercredi: le coupable avoué a été autorisé à plaider qu'il estimait tuer un meurtrier, ce qui pourrait lui valoir une peine moins lourde.

Les procureurs ont fait appel de cette décision mais les avocats de la défense ont maintenu mardi que «dans l'esprit (du meurtrier), la victime représentait clairement un danger pour les enfants à naître».

Le Dr George Tiller, 67 ans, qui exerçait dans l'une des trois cliniques américaines pratiquant l'avortement après la 21e semaine de grossesse, a été tué le dimanche 31 mai 2009 alors qu'il se trouvait au temple de l'église luthérienne de Wichita et discutait avec un autre fidèle. Scott Roeder, 51 ans, s'est approché sans rien dire, a pointé son pistolet sur le front du médecin et a tiré.

L'homme a avoué mais a demandé à pouvoir plaider qu'il considérait sa victime comme un meurtrier. Il encourrait alors une peine plus proche des cinq ans de prison que de la prison à vie pour meurtre avec préméditation.

La décision du juge Warren Wilbert de l'y autoriser inquiète les défenseurs du droit à l'avortement. Ils craignent que cela ne soit considéré comme l'approbation tacite des violences envers les médecins pratiquant les interruptions volontaires de grossesse (IVG), puisque les coupables pourraient ne plus risquer la prison à vie ou la peine de mort.

«En gros, ce juge a prononcé l'arrêt de mort de tous ceux d'entre nous qui aident les femmes. Voilà l'effet de cette décision», a déclaré le Dr Warren Hern, ami de longue date de la victime, qui pratique des avortements à Boulder, dans le Colorado.

Après l'assassinat du Dr Tiller, sa clinique a définitivement fermé. Le médecin avait déjà été attaqué auparavant. Il avait été blessé par balles aux bras en 1993 et sa clinique avait été la cible d'un attentat à la bombe en 1983. Il portait souvent un gilet pare-balles. (ap)

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