Grippe A (H1N1): Le Mexique se plaint des discriminations
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Grippe A (H1N1)Le Mexique se plaint des discriminations

L'ambassadeur du Mexique auprès de l'ONU Luis Alfonso de Alba s'est plaint vendredi des discriminations frappant des citoyens de son pays en raison de la grippe A(H1N1).

Il va portera la question devant l'Assemblée mondiale de la santé.

«L'attitude discriminatoire de quelques gouvernements à l'égard de Mexicains est injustifiable», a déclaré l'ambassadeur lors d'une rencontre avec la presse. «La manière de faire les contrôles est importante», a-t-il dit.

«Des discriminations sur la base de la nationalité peuvent créer de sérieux problèmes», a relevé l'ambassadeur. «Il est abusif de détenir de manière prolongée des individus sans faire de test médical», a-t-il fait remarquer.

En Chine

Le Mexique a dénoncé récemment les actes de discrimination envers ses ressortissants en Chine, après le placement de certains d'entre eux en quarantaine, alors qu'ils ne présentaient pas des symptômes de grippe porcine.

Selon l'ambassadeur, le gouvernement concerné devrait être préalablement informé des mesures prises à l'encontre de ses ressortissants. L'ambassadeur a souhaité que l'Assemblée mondiale de la santé, réunie à partir du 18 mai à Genève, débatte des «mesures raisonnables, justifiées et de celles qui ne sont pas justifiées» en cas de risque de pandémie.

Il souhaite aussi que le Conseil des droits de l'homme en débatte. «La crise ne doit pas être identifiée avec le Mexique», a ajouté l'ambassadeur de Alba. Selon lui, des cas sont apparus à San Diego en Californie simultanément aux premiers cas au Mexique.

Claire discrimination, selon l'ONU

Réagissant à ces propos, le porte-parole du Haut Commissariat aux droits de l'homme Rupert Colville a condamné les mises en quarantaine sur des critères de nationalité, «clairement discriminatoires», pour lutter contre la grippe porcine.

«Personne ne devrait être placé en quarantaine seulement en raison de sa nationalité», a déclaré le porte-parole du Haut Commissariat. M. Colville a spécifiquement dénoncé la mise en quarantaine de «Mexicains qui ne présentent pas de symptômes de la grippe, et qui n'étaient pas au Mexique au cours de la dernière semaine».

L'ambassadeur du Mexique auprès de l'ONU a par ailleurs souhaité que l'OMS définisse mieux les phases d'alerte. «Les gens ne comprennent pas toujours ce qu'elles signifient», a dit Luis Alfonso de Alba.

Vigilance de mise

Le Mexique reste vigilant. La fin de l'alerte serait décrétée quinze jours après le dernier cas confirmé, a indiqué le représentant de Mexico.

Il a indiqué que le taux d'occupation des installations touristiques ne dépasse pas 50% et que des taux d'annulation allant jusqu'à 95% ont été enregistrés. «Nous espérons regagner la confiance rapidement et que les touristes reviennent au Mexique», a conclu Luis Alfonso de Alba.

(ats)

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