Conflits en Libye: «Le monde doit savoir ce qui se passe ici»
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Conflits en Libye«Le monde doit savoir ce qui se passe ici»

La femme qui accuse des soldats du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi de viol veut voir ses droits respectés et sa dignité restaurée, a-t-elle déclaré lors d'un entretien accordé à CNN.

«Le monde entier doit savoir ce qui se passe en Libye», a affirmé Imane al-Obeidi, en répétant qu'elle avait été «violée et enlevée» par des soldats de l'armée du colonel Kadhafi et que «la vérité est en train d'être établie».

«La Libye a vécu pendant de longues années coupée des média, sans que les faits puissent être rapportés. Il faut que le monde sache ce qui se passe et le monde a pris pitié de moi, et surtout les femmes, car j'ai été violée et enlevée, ce qui bouleverse les gens. Et en même temps, la vérité apparaît, rien ne reste caché», a-t-elle affirmé.

La jeune femme a accordé cette interview à la chaîne américaine depuis Tripoli où elle se trouve actuellement.

«Il y a beaucoup de traces de coups sur mon corps en raison des tortures subies. Les gens m'ont reproché d'avoir montré mon corps et se sont demandé comment je pouvais montrer mon corps comme cela. Je l'ai fait car j'étais déprimée et qu'il n'y a pas d'autre moyen de montrer aux gens que j'ai été torturée», a-t-elle dit.

«J'ai été brutalement torturée (...) ils m'ont pénétrée avec leurs armes et après deux jours ils m'ont versé de l'alcool dans les yeux».

CNN a précisé que l'entretien avait eu lieu en présence de Saadi Kadhafi, l'un des fils de Mouammar Kadhafi, actuellement confronté à une insurrection de rebelles qui ont pris le contrôle de l'est du pays.

«Les gens qui m'ont violée, enlevée et battue sont toujours en liberté», a-t-elle déploré, en précisant qu'elle avait fait appel au colonel Kadhafi pour qu'il intervienne et que son fils Saadi avait lui même décidé de s'occuper d'elle. «C'est un homme humble et compréhensif et il a dit qu'il m'aiderait», a-t-elle dit. «Mes parents doivent continuer à oeuvrer pour que je puisse rentrer à la maison», a insisté Imane al-Obeidi.

Devant la presse internationale

Imane al-Obeidi avait fait irruption le 26 mars à l'Hôtel Rixos à Tripoli, en montrant à la presse internationale des ecchymoses et des cicatrices sur ses cuisses et en affirmant avoir été torturée et violée par des hommes du régime. Elle avait ensuite été emmenée par la sécurité présente à cet hôtel où est rassemblée la presse internationale à Tripoli.

Les 3 et le 4 avril, elle a déclaré lors de plusieurs interviews qu'elle avait été libérée mais que les autorités l'empêchaient de quitter Tripoli, où elle a reçu des menaces, pour rejoindre sa famille à Tobrouk (est).

Lors de l'entretien diffusé jeudi, elle s'est élevée contre les accusations portées contre elle selon lesquelles elle était une prostituée et une déséquilibrée mentale.

«Je suis une citoyenne libyenne ordinaire, je viens d'une famille respectable», a-t-elle dit en arabe traduit en anglais. «Je ne suis pas une déséquilibrée, je veux simplement que mes droits soient respectés».

«Quand le porte-parole du gouvernement libyen a dit que j'étais saoule et déséquilibrée mentalement il n'avait pas examiné l'affaire ou vu le rapport d'enquête. Il a parlé sans savoir. Ils savent mentir», a-t-elle déclaré.

archives sur CNN

(afp)

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