OCDE: «Le monde paiera le prix de la guerre en 2023»

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OCDE«Le monde paiera le prix de la guerre en 2023»

Les prévisions de croissance mondiale de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont été revues à la baisse à la suite de la guerre en Ukraine.

Mathias Cormann, secrétaire général de l'OCDE.

Mathias Cormann, secrétaire général de l'OCDE.

AFP

«Les perspectives de croissance mondiale se sont assombries», a écrit l’Organisation de coopération et de développement économiques dans un rapport publié lundi et intitulé «payer le prix de la guerre». L’absence d’accalmie sur le terrain au huitième mois de l’invasion russe en Ukraine, symbolisée par la récente mobilisation de réservistes par Moscou, incite l’organisation internationale au pessimisme quant au futur proche de l’économie.

Croissance mondiale

L’OCDE table sur une progression du PIB mondial de 2,2% contre 2,8% anticipés lors de précédentes prévisions en juin, bien qu’elle ait maintenu sa prévision pour cette année à 3% après l’avoir nettement réduite ces derniers mois.

Projections de croissance du PIB réel pour 2022 et 2023 (en %)

Projections de croissance du PIB réel pour 2022 et 2023 (en %)

OCDE

«Les pressions inflationnistes sont de plus en plus généralisées, la hausse des prix de l’énergie, des transports et d’autres coûts se répercutant sur les prix», souligne l’OCDE qui a revu en baisse ses prévisions 2023 sur la quasi-totalité des pays membres du G20 à l’exception de la Turquie, de l’Indonésie et du Royaume-Uni dont l’économie connaîtra une stagnation.

2800 milliards  de pertes

Pour montrer l’ampleur du choc de la guerre sur l’économie mondiale, l’OCDE a évalué à 2800 milliards de dollars les pertes financières à anticiper l’an prochain par rapport aux prévisions antérieures à l’arrivée des chars en Ukraine.

Ce sont logiquement les pays voisins de Kiev et de Moscou qui subiront les coûts les plus importants d’après l’OCDE: la croissance en zone euro subit la révision la plus importante de toutes les régions du monde avec une croissance attendue à 0,3% contre 1,6% anticipé en juin. La raison principale est la flambée des prix de l’énergie, l’inflation étant anticipée cette année à 8,1% et à 6,2% l’an prochain.

Agitée depuis des mois comme un risque majeur par les principaux prévisionnistes mondiaux, la récession est le scénario anticipé par l’OCDE pour l’Allemagne: la première économie européenne verrait selon l’OCDE son PIB reculer de 0,7% l’an prochain, un plongeon de 2,4 points en comparaison avec la précédente prévision. Ses principaux voisins y échappent: une croissance de 0,4% est attendue en Italie, de 1,5% en Espagne, et de 0,6% en France, là où gouvernement table encore sur 1%.

Glissement annuel de l’inflation, en %

Glissement annuel de l’inflation, en %

OCDE

«Incertitude importante»

«Une incertitude importante entoure ces projections économiques», concède l’OCDE, notamment devant le risque de pénuries d’énergie pendant l’hiver. La hausse vertigineuse des prix menace déjà l’activité d’un nombre croissant d’entreprises dont certaines sont contraintes de réduire leur activité.

Selon l’organisation, des pénuries plus importantes que prévu en gaz risqueraient par un effet en cascade de réduire le PIB de la zone euro de 1,25 point supplémentaire l’an prochain, ce qui pousserait alors de nombreux Etats en récession. Ce scénario est d’autant plus inquiétant que les banques centrales des pays développés et émergents sont fermement engagées à remonter leurs taux d’intérêt pour contenir l’inflation, avec le risque de saper là aussi la croissance. Les hausses de taux sont «un facteur clé» dans le ralentissement en cours, relève l’OCDE, qui appelle toutefois les banquiers centraux à continuer, pour éviter de les remonter plus fortement si l’inflation poursuit son envol.

Les mesures budgétaires ciblées et temporaires aux ménages et aux entreprises font partie de la solution face à l’urgence, souligne l’institution, affirmant que jusqu’à présent les mesures prises contre la hausse des prix de l’énergie ont été «mal ciblées» car profitant souvent à trop de ménages et d’entreprises.

(AFP)

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