Conseils d'administration: Le moral des membres en berne
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Conseils d'administrationLe moral des membres en berne

En raison de l'adoption de l'initiative Minder et de celle contre l'immigration de masse, les membres des conseils d'administration s'attendent à une détérioration de leurs conditions de travail.

Bien que séduits par les organes où règne la mixité, ils rejettent l'idée d'introduire des quotas de femmes au sein de tels conseils. Selon l'enquête de la société de recrutement de cadres supérieurs Knight Gianella publiée vendredi, 42% des sondés se sentent moins bien qu'auparavant dans leur rôle de membre d'un conseil d'administration. Et 37% d'entre eux s'attendent à une dégradation encore plus grande à l'avenir.

La majorité des personnes interrogées craint une surcharge de travail et une augmentation de frais, liées à l'adoption de l'initiative Minder et celle contre l'immigration de masse.

Selon les sondés, leur marge de manoeuvre se trouve aussi atténuée suite à l'acceptation des deux objets soumis en votation. Ils s'inquiètent également de l'ingérence croissante des médias et du monde politique dans leurs affaires, ce qui écorche leur motivation.

Ainsi, seuls 55% des membres de conseils d'administration de firmes cotées en bourse se disent prêts à s'engager auprès d'un tel genre d'organe à l'avenir. Et 45% se déclarent moyennement à fortement disposés à renoncer à de tels mandats.

Crise de confiance

L'étude indique que l'exercice d'influence et le travail stratégique demeurent des facteurs motivationnels importants. A l'inverse, l'excès de réglementation, l'incompétence, l'ingérence des médias et de la politique sont perçus négativement.

Les conseillers d'administration questionnés perçoivent la confiance témoignée par le grand public, le monde politique et les médias comme faibles. Ils sont, cependant, très appréciés des actionnaires et des conseils d'administration d'autres entreprises.

Injure pour les femmes

Concernant les quotas, 83% des sondés les rejettent jugeant qu'une telle obligation constituerait «une offense pour les femmes qualifiées». Les personnes interrogées préfèrent miser sur les aptitudes professionnelles et personnelles plutôt que sur le genre lors d'une élection.

Pour mener à bien ce sondage, la société Knight Gianella a mandaté l'institut de recherche économique Dichter, basé à Zurich. 161 membres de conseils d'administration, dont 25 femmes, issus d'entreprises cotées en bourse et d'autres grandes sociétés ont participé à l'enquête. (ats)

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