Marée noire: Le moratoire sur les forages tenu en échec
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Marée noireLe moratoire sur les forages tenu en échec

Un tribunal américain a rejeté jeudi une demande de l'administration Obama de suspendre sa décision d'annuler le moratoire sur les forages pétroliers en haute mer le temps qu'elle fasse appel.

Le juge Martin Feldman a donné dix jours supplémentaires à l'administration pour se conformer à l'interdiction du moratoire qu'il avait prononcée mardi. Le délai est donc passé de 21 jours à 30.

Le magistrat a par ailleurs assuré dans sa décision qu'il rendrait public ses revenus financiers après que la nouvelle se soit répandue qu'il avait des actions dans des groupes pétroliers.

Trente-deux compagnies pétrolières avaient saisi la justice contre ce moratoire de six mois ordonné à la fin mai par le président Barack Obama. L'objectif pour l'administration américaine était de prévenir de nouvelles catastrophes comme la marée noire qui se répand dans le golfe du Mexique.

Obama plonge

Cette décision constitue un nouveau revers pour l'administration Obama, qui a été accusée de répondre lentement et de façon inefficace à la marée noire consécutive à l'explosion et au naufrage de la plateforme Deepwater Horizon, le 20 avril.

Selon un sondage Wall Street Journal/NBC, la moitié des Américains désapprouvent la gestion de la catastrophe par M. Obama. Avec 45% de bonnes opinions, le président perd cinq points en un mois. Et la moitié des personnes interrogées pour les besoins de ce sondage désapprouvent sa gestion de la crise écologique et économique.

Pour la première fois depuis son investiture, en janvier 2009, le baromètre Wall Street Journal/NBC, la proportion d'Américains mécontents de son action (48%) dépasse celle des satisfaits.

Au contraire, un sondage du Pew Research Center suggère que la cote de popularité de Barack Obama n'a que peu changé depuis janvier, à 48% contre 49%.

Fuite des investissements

A Washington, l'administration Obama s'est également retrouvée confrontée aux pressions d'élus républicains désireux d'alléger les contraintes pesant sur les forages en eau profonde.

Devant la commission pour l'énergie du Sénat, la républicaine Lisa Murkowski s'est inquiétée de voir les compagnies propriétaires de plateformes tombant sous le coup du moratoire cesser leurs activités aux Etats-Unis. «Nous commençons à voir ce que j'appelle la fuite des investissements depuis le golfe» du Mexique, a-elle déclaré.

Le secrétaire à la Sécurité intérieure, Ken Salazar, qui a également été entendu par la commission, a indiqué être conscient de l'impact de ce moratoire sur l'économie de la région. Il a cependant précisé que cette mesure était nécessaire «jusqu'à ce que nous parvenions à rassurer les Américains sur le fait que les forages peuvent se poursuivre en toute sécurité.

Uninanimité en revanche à la Chambre des représentants, qui a adopté par 420 voix contre une seule mercredi un projet de loi visant à donner des pouvoirs d'assignation à la commission d'enquête indépendante sur la marée noire créée par M. Obama.

Le fait de doter la commission de pouvoirs d'assignation «empêchera BP de faire obstruction» au cours de l'enquête de la commission, qui pourra ainsi «recevoir les témoignages d'experts et de témoins cruciaux», a indiqué le démocrate James Clyburn, l'un des chefs de file démocrates de la Chambre des représentants.

Le pompage a repris

De son côté, le groupe pétrolier BP a annoncé mercredi soir la reprise des opérations de pompage du pétrole qui s'écoule dans le Golfe du Mexique, après dix heures d'interruption. Il avait fallu repositionner l'entonnoir posé sur la fuite, suite à une collision avec un robot téléguidé qui avait apparemment fermé une des soupapes, augmentant la pression dans le dispositif.

Pour la journée de mercredi, BP dit avoir récupéré ou brûlé 16'830 barils de pétrole au niveau du puits qui fuit, soit une baisse de près de 40% par rapport au niveau de la veille. Washington estime que 35'000 à 60'000 barils s'écoulent chaque jour du puits. (ats)

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