Actualisé 04.07.2013 à 09:40

Crise en Egypte

Le mouvement Tamarod fait des émules en Tunisie

L'opposition tunisienne a lancé sa propre version du mouvement égyptien Tamarod, qui a mobilisé des millions d'opposants au président Mohamed Morsi et décidé l'armée à le destituer.

Jusqu'ici, le parti Ennahda, majoritaire à l'Assemblée, est parvenu à limiter la contestation et à apaiser les partis laïques.

Jusqu'ici, le parti Ennahda, majoritaire à l'Assemblée, est parvenu à limiter la contestation et à apaiser les partis laïques.

Comme en Egypte, le peuple tunisien reproche aux dirigeants du pays de vouloir instaurer un régime théocratique liberticide et d'aggraver la crise économique. Les jeunes chefs de file méconnus de cette campagne de désobéissance, dont le nom signifie «rébellion», espèrent tirer parti des événements du Caire pour mettre en difficulté le Gouvernement tunisien. Celui-ci est aussi emmené par des mouvements islamistes arrivés aux affaires après la Révolution de jasmin, premier acte du Printemps arabe, en 2011.

Après avoir rassemblé 200'000 signatures, soit cent fois moins que leurs homologues égyptiens, ils ont l'intention d'appeler rapidement à de grandes manifestations.

«La jeunesse tunisienne marche dans les pas des jeunes Egyptiens. Nous ne sommes pas satisfaits de ce qui se passe dans le pays, qu'il s'agisse des atteintes aux libertés ou des difficultés économiques et sociales», a déclaré à la presse Mohamed Bennour, porte-parole du mouvement Tamarod.

L'objectif, a-t-il expliqué, est d'obtenir la formation d'un nouveau gouvernement intérimaire et la dissolution de l'Assemblée constituante, qui s'apprête, selon lui, à ancrer la religion dans la loi fondamentale.

Contestation limitée

Jusqu'ici, le parti Ennahda, majoritaire à l'Assemblée, est parvenu à limiter la contestation et à apaiser les partis laïques en faisant entrer des personnalités sans étiquette dans le gouvernement formé en mars. Ennahda a en outre renoncé à toute mention de la loi islamiste dans la nouvelle Constitution.

Le président français François Hollande est attendu ce jeudi à Tunis, où il entend encourager le processus de démocratisation entamé dans la confusion. (ats)

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