Suisse: Le MPC enquête sur le Conseil central islamique
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SuisseLe MPC enquête sur le Conseil central islamique

Le président Nicolas Blancho et le porte-parole Qaasim Illi se retrouvent dans le viseur de la justice fédérale

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smk/nxp
L'enquête sur le film diffusé en novembre 2015 a été étendue à Nicolas Blancho (à gauche) et à Qaasim Illi (à droite).

L'enquête sur le film diffusé en novembre 2015 a été étendue à Nicolas Blancho (à gauche) et à Qaasim Illi (à droite).

Le Ministère public de la Confédération (MPC) compte ouvrir des procédures contre le président du Conseil Central Islamique Suisse (CCIS) Nicolas Blancho et son porte-parole Qaasim Illi. C'est ce qu'à déclaré le procureur fédéral Michael Lauber dans une interview parue dans l'édition du 25 novembre de la Neue Zürcher Zeitung.

Il leur est reproché la diffusion d'un film en novembre 2015, accusé de faire la propagande de mouvements djihadistes. Depuis décembre 2015, un autre membre de la direction du CCIS Naim Cherni est également poursuivi pour avoir montré un voyage en Syrie à des buts de propagande sans se distancier explicitement des groupes terroristes.

Plainte dès 2017?

L'enquête a depuis été étendue à Nicolas Blancho et Qaasim Illi. Le film incriminé est toujours disponible sur le portail YouTube malgré les efforts du MPC pour l'en retirer. Le CCIS continue de son côté à en faire la promotion. En l'espace d'un peu plus d'une année, la séquence a été visionnée plus de 100'000 fois.

«La procédure contre les représentants du CCIS a, pour nous, une priorité élevée», a déclaré Michael Lauber dans les colonnes du quotidien zurichois. Il espère pouvoir «déposer une plainte au Tribunal pénal fédéral l'année prochaine».

«Lis!» également visé

Le procureur de la Confédération n'exclut pas non plus de nouvelles enquêtes contre l'organisation salafiste «Lis!» qui distribue des Corans dans les rues. «Nous avons une politique de tolérance zéro. Même si, contrairement à l'Allemagne, la Suisse ne peut pas interdire d'organisations.»

Michael Lauber rappelle que près de 70 procédures ont déjà été lancées dans des dossiers de radicalisation islamiste et terrorisme, dont plusieurs contres des personnes qui sont ou ont été en lien avec le projet «Lis!». «Dès que nous avons connaissances de faits répréhensibles, nous ouvrons une enquête.»

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