Actualisé 17.01.2013 à 20:38

Mokhtar Belmokhtar

Le «Mr Marlboro» des prises d'otage au Sahel

Surnommé «le Borgne», l'Algérien Mokhtar Belmokhtar a revendiqué l'attaque et la prise d'otages dans le site gazier du Sahara. Portrait.

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cga
Mokhtar Belmokhtar, surnommé aussi MBM ou encore «Monsieur Marlboro» en référence aux activités de contrebande.

Mokhtar Belmokhtar, surnommé aussi MBM ou encore «Monsieur Marlboro» en référence aux activités de contrebande.

Ex-chef d'Aqmi, Mokhtar Belmokhtar a quitté en octobre dernier l'organisation islamiste pour créer sa propre unité combattante. Né en juin 1972 à Ghardaïa, à 600 km au sud d'Alger, Mokhtar Belmokhtar a combattu très jeune en Afghanistan en 1991 où il a perdu un oeil, ce qui lui a valu son surnom de «Laouar» (le borgne).

A son retour en Algérie en 1993, au début de la guerre civile, il rejoint le Groupe armé islamique (GIA, démantelé en 2005), le plus sanguinaire des groupes armés algériens, et crée une katiba - unité combattante - basée principalement dans le Sahara.

En 1998, il intègre le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), une dissidence du GIA, et règne en maître sur les routes clandestines du grand sud saharien, menant à la fois des actes de terrorisme, de brigandage et de contrebande.

«Monsieur Marlboro»

Mokhtar Belmokhtar, surnommé aussi MBM ou encore «Monsieur Marlboro» en référence aux activités de contrebande de cigarettes dans la région, établit des liens avec les tribus qui le préviennent des mouvements des forces de l'ordre, dans des régions où rien n'échappe aux hommes du désert.

MBM se replie dans le désert malien où il lie de solides alliances en épousant des femmes de plusieurs tribus touareg du Nord-Mali, qu'il transforme en sanctuaire.

Au début de la rébellion touareg dans le nord du Mali en mars 2012, il séjourne trois semaines en Libye pour acheter des armes. Entre avril et juin 2012, il est vu à au moins deux reprises aux côtés du chef touareg des islamistes d'Ansar Dine. Il dirige alors la katiba des «Moulathamoune» (les «Enturbannés») dans le nord du Mali, occupé par plusieurs groupes islamistes.

«Signataires par le sang»

Condamné à mort à deux reprises par la justice algérienne, il aurait commandité l'assassinat de quatre Français en Mauritanie en décembre 2007, des prises d'otages de deux Canadiens en 2008, de trois Espagnols et de deux Italiens en 2009.

Le 5 décembre 2012, la radio mauritanienne diffuse un enregistrement sonore de MBM annonçant la mise en place de sa propre katiba, les «Signataires par le sang». Ce nom était aussi utilisé par le commando islamiste qui avait détourné un avion Air France entre le 24 et le 26 décembre 1994 en Algérie. La prise d'otage s'était soldée par la mort des quatre terroristes à Marseille lors de l'assaut du GIGN, et par celle de trois passagers, exécutés pour faire pression lors des négociations avec les gouvernements algérien puis français. L'objectif présumé de l'attentat était de faire exploser l'avion en vol sur la tour Eiffel.

L'assaut du GIGN sur le vol Air France 8969

La prise d'otages d'In Amenas, dans le sud de l'Algérie, le replace au centre du jeu dans le Sahel. (cga/ats)

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