Actualisé 26.01.2017 à 08:45

Etats-Unis-MexiqueLe mur de Trump, projet coûteux et compliqué

La facture du mur entre les USA et le Mexique serait bien plus élevée que celle annoncée par Donald Trump selon des ingénieurs. Le président mexicain condamne le projet.

Sur les 3200 km de frontière, 1050 km sont déjà pourvus de clôtures qui empêchent les personnes ou les véhicules de traverser. (Mercredi 25 janvier 2017)

Sur les 3200 km de frontière, 1050 km sont déjà pourvus de clôtures qui empêchent les personnes ou les véhicules de traverser. (Mercredi 25 janvier 2017)

Keystone

Le président américain Donald Trump a signé mercredi un décret lançant le projet le plus emblématique de sa campagne: la construction d'un mur à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Quelle en est la faisabilité?

La facture du mur qui doit permettre d'endiguer l'immigration clandestine venant du Mexique se chiffrera en milliards de dollars. Mais les avis divergent sur une estimation plus précise. Sur les 3200 km de frontière, 1050 km sont déjà pourvus de clôtures qui empêchent les personnes ou les véhicules de traverser.

Donald Trump a annoncé un projet qui doit coûter de 4 à «environ 10 milliards» de dollars. Pour les architectes et les ingénieurs, qui se sont penchés sur la question, la note sera bien plus salée. Le MIT Technology Review a par exemple estimé dans un article que 1609 km de mur coûteraient entre 27 et 40 milliards de dollars.

«Mettons de côté les questions de savoir s'il est judicieux d'ériger un mur à la frontière américano-mexicaine ou qui devrait le financer. Cela ne peut tout simplement pas être réalisé au prix annoncé par Donald Trump», assure le MIT Technology Review.

Le Mexique refuse toujours de payer

Le président mexicain Enrique Peña Nieto a condamné mercredi le projet et s'est engagé à défendre les migrants mexicains aux Etats-Unis.

«Je regrette et condamne la décision des Etats-Unis de continuer la construction du mur qui depuis des années, au lieu de nous unir, nous divise», a-t-il affirmé dans un bref message vidéo diffusé sur son compte Twitter. «Le Mexique ne croit pas aux murs. Je l'ai dit plusieurs fois: le Mexique ne paiera pour aucun mur», a-t-il encore réagi.

Le président américain avait promis de faire payer le mur par son voisin du sud. M. Peña Nieto a également annoncé qu'il avait demandé aux 50 consulats mexicains aux Etats-Unis de se transformer «en authentiques défenseurs des droits des migrants mexicains».

Montage financier

Mais le président américain a réaffirmé mercredi à la chaîne ABC son intention de faire payer le Mexique. «Il y aura un paiement, même si le montage sera peut-être compliqué», a t-il dit. Son porte-parole, Sean Spicer, a expliqué mercredi que Donald Trump «travaille avec le congrès et d'autres personnes» pour déterminer le moyen de financer le projet.

«De nombreux mécanismes de financement peuvent être mis en oeuvre. A ce stade. Son objectif est de lancer le projet aussi rapidement que possible en utilisant les fonds et les ressources disponibles et, à partir de là, travailler avec le congrès sur un projet de loi de crédits», a précisé le porte-parole.

Et ce n'est que le début des problèmes

Le mur doit théoriquement être composé de blocs de béton armé renforcé avec des tiges en acier. Ses fondations devront être assez profondes pour empêcher de creuser d'éventuels tunnels. Du côté de l'esthétique, le 45e président américain avait suggéré, pendant la campagne, de faire peindre son visage sur le mur.

Si l'on prend comme exemple le fleuve du Rio Grande, qui forme une frontière naturelle entre les Etats-Unis (surtout le Texas) et le Mexique, une foule d'obstacles pourrait freiner la construction du mur. La loi interdit notamment toute construction qui pourrait entraver la gestion des inondations ou gêner la répartition des ressources en eaux. Un traité empêche par ailleurs l'un ou l'autre pays de détourner les eaux du fleuve.

De plus, les terres limitrophes sont souvent des propriétés privées et la construction sur ces terrains engendrerait une multitude de procédures juridiques (expropriations, indemnisations), et risque également de provoquer des levées de boucliers au niveau local. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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