Actualisé 07.12.2010 à 06:35

CERNLe mystère de l'antimatière bientôt élucidé

Le Cern a annoncé progresser sur l'un des plus grands mystères du cosmos, la constitution de l'antimatière, source d'énergie gratuite et sans limite.

Le directeur général du Cern, Rolf Heuer, veut prolonger la phase initiale des opérations du LHC. (Photo: epa)

Le directeur général du Cern, Rolf Heuer, veut prolonger la phase initiale des opérations du LHC. (Photo: epa)

Des scientifiques du Cern ont fait état lundi de la création et de la capture d'atomes d'antihydrogène dans un piège magnétique. Ils ont indiqué que cette avancée leur permettrait sans doute à terme de comprendre la constitution de l'antimatière.

L'antimatière intéresse grandement, au-delà du simple cadre de la communauté scientifique internatinale, car elle est souvent présentée comme une source potentielle d'énergie sans limite et pratiquement gratuite.

Le Cern (Organisation européenne pour la recherche nucléaire) a fait son annonce sur l'antihydrogène trois semaines après la capture d'antimatière par l'une des trois équipes qui travaillent séparément sur cette question, dans les laboratoires du Cern près de Genève.

«Avec ces méthodes de fabrication et d'étude de l'antihydrogène, l'antimatière ne pourra plus nous cacher longtemps ses propriétés», a expliqué Yasunori Yamazaki, de l'équipe qui a effectué la dernière avancée en date.

On pense que l'antimatière a été créée en même quantité que la matière lors du Big Bang, voici 13,7 milliards d'années. Or, le monde est constitué uniquement de matière, comme si l'antimatière avait disparu, explique le Cern.

Thème de nombreux récits de science-fiction, l'antimatière n'a été découverte qu'en 1932, par le physicien américain David Anderson. La matière et l'antimatière, étant de charges opposées, s'annihilent au contact l'une de l'autre.

Les découvertes s'enchaînent

Alors qu'était annoncée la dernière avancée sur l'antihydrogène, les ingénieurs du Cern arrêtaient le Grand collisionneur de hadrons (LHC) pour une pause de deux mois, après huit mois de succès scientifiques sur l'étude de la naissance de l'univers.

Le directeur général du Cern, Rolf Heuer, a déclaré à Reuters que les nouvelles découvertes survenaient à un rythme tel qu'il faudrait sans doute prolonger jusqu'à la fin 2012 la phase initiale des opérations du LHC, soit un an de plus que prévu.

Son adjoint, Sergio Bertolucci, a déclaré que le LHC s'aventurait à un rythme rapide dans de nouveaux domaines de la connaissance scientifique, si bien que les mois à venir pourraient procurer des aperçus sur la «matière sombre», qui compose 25% de l'univers.

Certains physiciens pensent que la matière sombre pourrait représenter au moins une partie de l'antimatière portée disparue, mais dont des particules ont été repérées pour la première fois au Cern en 2002. (ats)

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