Genève: Le mystère des logements autorisés mais pas bâtis
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GenèveLe mystère des logements autorisés mais pas bâtis

Le boom des feux verts aux constructeurs ne se traduit bizarrement pas en briques et en ciment.

par
Jérôme Faas
Le faible nombre de chantiers locatifs est une énigme.

Le faible nombre de chantiers locatifs est une énigme.

photo: Kein Anbieter/TG / S. Iuncker-Gomez

«Je ne sais pas ce que font les promoteurs de ces autorisations en force.» Le conseiller d'Etat Antonio Hodgers s'étonnait, mardi passé, de l'écart entre le nombre de logements permis par le Canton et ceux mis en chantier. Les premiers ont atteint un pic jamais vu ce siècle (sauf en 2009): environ 2500 approbations en 2014, autant en 2015. Les seconds, eux, restent dans la norme avec 1300 unités par an.

La différence surprend car, comme l'observe François Dieu, patron de l'association des promoteurs constructeurs genevois, «actuellement, nous n'avons aucun souci de commercialisation». Mais il relève qu'une autorisation délivrée demeure exposée aux recours, donc aux retards. «L'effet est même renforcé lors de grosses opérations», note le département du Logement (DALE).

Le net regain de la construction constitue paradoxalement une autre explication. «Les entreprises générales ont du mal à suivre», avance Philippe Angelozzi, secrétaire général à l'USPI Genève (Union suisse des professionnels de l'immobilier). L'effet des taux d'intérêts très bas est, lui, controversé.

Un autre professionnel du secteur pointe enfin du doigt l'Etat. «Antonio Hodgers a l'air très gentil mais est très dur avec les promoteurs, rognant leur marge sur les PPE (ndlr: biens à vendre) pour financer les logements d'utilité publique: convaincre les investisseurs est plus ardu.» Le DALE réfute. «Le cas du logement social est traité avant l'autorisation de construire. Le type de bien est ainsi connu de tous très en amont.»

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