Tuerie de Chevaline (F): Le natel du suspect donne des infos importantes
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Tuerie de Chevaline (F)Le natel du suspect donne des infos importantes

Originaire de la région, un homme correspondant au portrait-robot diffusé après le crime qui a coûté la vie à une famille britannique en septembre 2012, a été placé en garde à vue.

La police a saisi plusieurs armes au domicile de l'ancien policier interpellé et placé mardi en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur le quadruple meurtre de Chevaline, dans les Alpes françaises, a indiqué à l'AFP une source proche de l'enquête.

«La présence de ces armes confirme la passion de cet homme, collectionneur d'armes anciennes», précise-t-on de même source. Les enquêteurs ont également indiqué que l'examen de son téléphone portable permettait d'établir que cet homme de 48 ans se trouvait dans la zone de la tuerie au moment des faits le 5 septembre 2012.

Suspect après un an et demi

Un an et demi après les faits, un suspect a été placé en garde à vue mardi dans les Alpes françaises dans l'enquête sur le quadruple meurtre de Chevaline. Il s'agit de la première arrestation en France dans cette retentissante affaire.

Cet homme de 48 ans, vivant dans la région où le drame est survenu, et sans «lien direct» avec les protagonistes, a été interpellé par les gendarmes, a annoncé le procureur de la République à Annecy, Eric Maillaud. Ce dernier a précisé que la garde à vue du Haut-Savoyard de 48 ans pourrait se prolonger jusqu'à quatre jours. «Mais il pourrait aussi être mis hors de cause et libéré d'ici quatre heures».

Il a été interpellé au Perroix, à Talloires. Selon France 3, l'individu serait un ancien policier municipal de la région. Après avoir été licencié pour faute en octobre, il aurait retrouvé du travail comme agent de sécurité privé à Genève, annonce le média français.

L'arrestation s'est déroulée dans ce village

Le 5 septembre 2012, Saad al-Hilli, 50 ans, ingénieur britannique d'origine irakienne travaillant dans le secteur de l'aéronautique au Royaume-Uni, sa femme de 47 ans et sa belle-mère de 74 ans, avaient été exécutés de plusieurs balles dans leur voiture sur une petite route forestière proche du village de Chevaline, non loin de la frontière suisse.

Un cycliste français, considéré par les enquêteurs comme une victime collatérale, avait également été abattu. L'une des fillettes du couple al-Hilli avait été grièvement blessée tandis que la seconde, cachée sous la jupe de sa mère, s'en était miraculeusement sortie indemne.

Portrait robot d'un motard

L'interpellation de mardi «qui ne restera peut-être pas unique, est le fruit des témoignages recueillis notamment après la diffusion, le 4 novembre 2013, du portrait robot d'un motard vu à proximité de la scène de crime et recherché activement par les enquêteurs», a précisé le magistrat.

Jusqu'à présent, une seule personne avait été arrêtée, au Royaume-Uni, dans cette affaire: Zaïd al-Hilli, frère de Saad, interpellé le 24 juin 2013 car soupçonné de «complot pour commettre un meurtre». Il avait été remis en liberté provisoire et conditionnelle le lendemain.

Son contrôle judiciaire a été levé à la mi-janvier. Le procureur Eric Maillaud avait cependant déclaré qu'en dépit des apparences, inhérentes aux particularités de «deux régimes juridiques différents», l'homme de 54 ans n'était aucunement «disculpé» et que des charges pesaient toujours contre lui.

Dispute autour d'un héritage

Zaïd al-Hilli «n'a pas répondu de façon claire et précise à plusieurs questions fondamentales, relatives notamment à son emploi du temps», avait indiqué à l'AFP une source proche de l'enquête.

L'arrestation remet la piste d'un tueur local au premier plan alors que la justice travaillait plutôt sur celle d'un conflit familial sur fond d'héritage disputé entre les deux frères. Les deux scénarios ne sont toutefois pas incompatibles.

Zaïd al-Hilli n'a cessé de clamer son innocence et a refusé de se rendre en France, pays auquel il ne fait «pas du tout confiance», pour y être entendu.

«Montagnard taiseux»

De source proche du dossier, on faisait état mardi matin d'une «avancée importante» dans l'enquête, tout en précisant que d'autres garde à vue devraient suivre. «C'est une hypothèse de travail parmi d'autres, mais ce n'est pas l'hypothèse numéro un», a ajouté cette source.

Eu égard à la présomption d'innocence et «en l'absence de lien direct entre cet homme et les protagonistes» du drame, le parquet n'a communiqué aucune information supplémentaire sur le suspect arrêté en Haute-Savoie.

Son domicile, dans un village proche du drame, a fait l'objet d'une perquisition, en présence de sa compagne. L'homme est décrit comme un «montagnard taiseux», vivant en marginal et amateur d'armes. (ats/afp)

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