Session: Le National monte au front contre la violence numérique

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SessionLe National monte au front contre la violence numérique

La Chambre du peuple a accepté un postulat qui demande un rapport sur l’ampleur de la violence dans les médias sociaux et sur les mesures à prendre pour la combattre.

par
Christine Talos
Trop souvent, les auteurs des violences numériques, anonymes, se sentent en sécurité en raison de l’inaction des autorités, a dénoncé l’élue.

Trop souvent, les auteurs des violences numériques, anonymes, se sentent en sécurité en raison de l’inaction des autorités, a dénoncé l’élue.

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Le National veut enrayer la violence numérique en Suisse. Il a accepté par 134 voix contre 41 un postulat de Judith Bellaiche (Vert’lib/ZH) qui demande au Conseil fédéral un rapport sur l’ampleur du phénomène et sur les mesures à prendre pour le combattre. Il s’agit là de cyberintimidation, cyberharcèlement, de discours haineux, menaces ou discriminations via les médias sociaux, services de messagerie, tchats ou encore les courriels.

«Quelque 86% de la population considèrent que la violence numérique est largement répandue mais n’est pas assez combattue en Suisse, selon un sondage», a rappelé l’élue jeudi. Et plus de la moitié des sondés estime que les autorités ne luttent pas suffisamment contre ce phénomène et qu’elles ne savent pas elles-mêmes comment s’en protéger».

«Ils savent qu’ils vont s’en tirer à bon compte»

Or cette inaction renforce le sentiment d’impunité des auteurs de ces violences, selon elle. «Ils se sentent en sécurité car ils savent qu’ils vont s’en tirer à bon compte alors que les victimes sont livrées à elles-mêmes», a expliqué la députée. Et de souligner que les autorités de poursuite pénales sont souvent impuissantes. «La police est mal formée ou mal équipée pour poursuivre les auteurs sur les réseaux sociaux ou là où ils se trouvent».

Combattre la violence numérique est donc important. L’État a le devoir de garantir la sécurité publique et de lutter contre la violence, y compris dans l’espace numérique, selon Judith Bellaiche. «On ne peut pas confier ces tâches aux plateformes numériques, d’autant que les auteurs savent très bien comment rebondir avec de nouvelles identités».

Sa proposition, qui avait l’aval du Conseil fédéral, était en revanche combattue par l’UDC. «La Suisse est tellement en retard dans les projets de numérisation qu’elle doit utiliser les ressources informatiques pour combler ses lacunes», a tenté de souligner Sandra Sollberger (UDC/BL). 

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