Session: Le National ne veut pas de formation médicale pour les soldats

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SessionLe National ne veut pas de formation médicale pour les soldats

La Chambre du peuple a refusé une motion qui voulait renforcer la formation des militaires pour mieux soutenir les services médicaux civils en cas de pandémie.

par
Christine Talos
Pendant le Covid, le Conseil fédéral avait engagé à plusieurs reprises l’armée pour aider les cantons. Les militaires avaient notamment aidé à vacciner la population.

Pendant le Covid, le Conseil fédéral avait engagé à plusieurs reprises l’armée pour aider les cantons. Les militaires avaient notamment aidé à vacciner la population.

20min/Gabriel Nista

L’armée ne devra pas instaurer des stages de formation en soins médicaux pour les soldats afin qu’ils puissent décharger les services civils. Le National a refusé par 108 voix contre 70 une motion en ce sens du sénateur Werner Salzmann (UDC/BE). Le Conseil des États avait, lui, soutenu son texte en mars dernier.

L’élu rappelait que des équipes issues des troupes sanitaires de milice avaient pu épauler à plusieurs reprises avec succès les hôpitaux débordés pendant la crise du Covid. Et de souligner que lorsque les services médicaux civils atteignent leurs limites, ni la Confédération ni les cantons ne disposent d’une réserve stratégique. Il suggérait donc que l’armée puisse, en plus de son catalogue de missions actuel, prendre en charge médicalement plusieurs centaines de patients pendant plusieurs mois lorsque les services civils sont surchargés ou risquent de l’être. Pour ce faire, il proposait de mettre notamment sur pied des formations sur la prise en charge médicale.

Pas nécessaire

La gauche et le Centre n’ont pas voulu de sa proposition. Certes, la pandémie a montré un manque de personnel qualifié. Mais elle a aussi prouvé que l’armée était parfaitement capable de faire face à des situations extraordinaires avec ses effectifs actuels, ont-ils relevé. «Il n’est donc tout simplement pas nécessaire de développer les prestations sanitaires de l’armée», a estimé Alois Gmür (C/SZ).

La ministre de la Défense Viola Amherd partageait cet avis. «Le Conseil fédéral est convaincu que l’armée, avec ses capacités et ses structures actuelles, peut déjà soutenir efficacement le système de santé civil», a-t-elle lancé en rappelant qu’il y avait actuellement quatre bataillons hospitaliers, huit compagnies sanitaires permettant de décharger les hôpitaux civils et des soldats spécialement formés. En outre, l’armée ne doit pas faire concurrence au secteur civil des soins, a-t-elle souligné. «Si elle formait plus de personnes et les envoyait ensuite en mission, cela aurait des conséquences importantes», a-t-elle indiqué. «Les militaires convoqués manqueraient ainsi dans l’économie et la société».

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