Actualisé 04.03.2010 à 13:13

Sommet de la francophonieLe National plafonne le crédit à 30 millions de francs

La Confédération ne doit pas dépenser plus de 30 millions de francs pour le Sommet de la francophonie, prévu du 20 au 24 octobre à Montreux (VD).

Le Conseil national a raboté jeudi par 102 voix contre 63 le crédit demandé par le Département de Micheline Calmy-Rey.

La gauche a soutenu en vain le maintien des 35 millions sollicités par la ministre socialiste. Selon Jean-Charles Rielle (PS/ GE), ce budget est réaliste et raisonnable pour un sommet aux si grandes retombées culturelles et promotionnelles.

Le sommet lui-même n'a été contesté que par des UDC alémaniques. «La Confédération ne va pas améliorer l'image de la Suisse dans le monde, celle-ci est déjà excellente et va le rester», a soutenu Ernst Schibli (UDC/ZH). 35 millions pour 3000 participants et quatre jours c'est tout à fait exagéré et inacceptable, a-t-il ajouté.

«Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage», a rétorqué son collègue de parti André Bugnon. Rouge d'indignation, le Vaudois a plaidé pour une manifestation favorable au développement de la démocratie, et qui aura aussi des répercussions positives outre-Sarine, avec un afflux à l'aéroport de Zurich par exemple.

Avec le soutien de tous les autres partis, sa voix a été entendue. La proposition de ne pas entrer en matière sur le projet a été enterrée par 134 voix contre 31.

Gouvernement fustigé

Durant tout le débat, le Conseil fédéral en a pris pour son grade. Non seulement il a informé très tardivement le Parlement, mais il a encore utilisé une procédure d'urgence pour solliciter une avance ordinaire de 11,5 millions auprès de la délégation des finances.

Celle-ci l'a refusée fin janvier au profit de la voie parlementaire ordinaire, a rappelé Jean-Pierre Grin (UDC/VD) au nom de la commission. Le Parlement ne voulait pas être contourné. Micheline Calmy-Rey a également commis le faux pas de ne pas être présente lors des débats en commission, ont relevé plusieurs orateurs.

Présentant ses excuses à ce sujet, la conseillère fédérale a invoqué des raisons d'agenda et rappelé que la Suisse avait accepté au pied levé de remplacer Madagascar à la suite d'un coup d'Etat sur l'île. Micheline Calmy-Rey voulait attendre l'attribution officielle du sommet mi-décembre pour informer le Parlement.

Marge de manoeuvre contestée

Après avoir vanté le rayonnement qu'apportera la manifestation à la Suisse, elle a invité le Conseil national à ne pas punir le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) pour un événement qui profitera au pays. «Le plafonnement à 30 millions met en péril l'organisation du sommet», a-t-elle averti.

«Il ne s'agit pas de contester ce sommet, mais ce n'est faire insulte ni à la francophonie, ni au canton de Vaud que de plafonner le crédit», a défendu Martine Brunschwig Graf (PFR/GE). Il y a une marge de manoeuvre pour réduire l'enveloppe, l'a soutenue Brigitte Häberli (PDC /TG).

Sans compensation au DFAE

Défendue par la commission, l'idée d'obliger le DFAE à compenser 10 millions sur son budget n'a en revanche pas passé la rampe du plénum. Elle a été rejetée par 96 voix contre 69, au grand soulagement de Micheline Calmy-Rey.

La conseillère fédérale avait auparavant averti: «60% du budget du département sont consacrés à l'aide au développement, il faudra compenser sur le budget des ambassades et des consulats et peut-être en fermer».

Le Conseil des Etats examinera le dossier lundi. A une voix près, sa commission lui recommande aussi de raboter l'enveloppe à 30 millions mais de renoncer à la compensation sur le budget du DFAE. (ats)

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