Actualisé 19.03.2013 à 09:24

BerneLe National pour une ouverture jusqu'à 20h

Tous les magasins de Suisse devraient pouvoir rester ouverts au moins jusqu'à 20h, selon la chambre basse, qui a accepté une motion allant dans ce sens mardi.

Le National a transmis mardi par 126 voix contre 57 à une motion en ce sens du Conseil des Etats. La gauche promet déjà le référendum. Elle ne pourra en revanche pas en référer au peuple concernant l'assouplissement des conditions de travail dominical dans les régions touristiques. Ces modifications, réclamées dans une autre motion, adoptée par 121 voix contre 56, passeront en effet par une ordonnance. Les partenaires sociaux seront associés à ces travaux, a toutefois promis le ministre de l'économie Johann Schneider-Ammann.

Formellement, seule la première motion doit encore une fois passer devant les sénateurs avant que le Conseil fédéral puisse élaborer un projet concret. Pour tenir compte des éventuelles réticences des cantons, compétents en matière d'horaires, le National a précisé que les jours fériés cantonaux étaient exclus de l'harmonisation réclamée.

Pour le reste, le texte émanant de Filippo Lombardi (PDC/TI) demande que les commerces de détail puissent ouvrir au moins de 06h00 à 20h00 du lundi au vendredi et de 06h00 à 19h00 le samedi, dans tout le pays. Les cantons seraient libres d'adopter des législations plus libérales.

Soutien à droite

La droite a soutenu cette revendication, notamment au motif qu'une telle harmonisation permettra de limiter le tourisme d'achats qui a augmenté avec le franc fort. L'économie suisse perd chaque année entre cinq et huit milliards de chiffre d'affaires à cause de ce phénomène. Soit 250 millions de manque à gagner fiscal pour l'Etat et près 20'000 emplois perdus, a lancé Jean-René Germanier (PLR/VS).

La libéralisation répond en outre à une évolution de la société, selon lui. Des horaires plus flexibles peuvent profiter à certains employés, notamment aux familles qui ont des enfants. Peu de personnes ont encore la possibilité de faire leurs courses avant 18h30 en semaine, a ajouté Johann Schneider-Ammann.

Quant à l'assouplissement du travail dominical, une demande déposée par Fabio Abate (PLR/TI) quinze jours après l'injonction des autorités tessinoises à fermer le dimanche un centre commercial à Mendrisio (TI), il permettra de mieux lutter contre la concurrence internationale. Le tourisme évolue, il est désormais aussi culturel ou d'affaires, selon Dominique de Buman (PDC/FR).

Des touristes viennent ainsi voir le Cervin, filent à Lucerne, y achètent une montre puis quittent le pays, a expliqué Sylvia Flückiger (UDC/AG). Et d'affirmer que les notions utilisées actuellement de régions touristiques et de saison doivent être adaptées.

Gauche remontée

La gauche, déjà en croisade référendaire contre la décision du Parlement d'autoriser les «shops» des stations-service à ouvrir 24 heures sur 24, a fait feu de tout bois contre ces décisions.

Le camp rose-vert dénonce une tactique visant à abattre l'une après l'autre les barrières protégeant les employés. Corrado Pardini (PS/BE) a dénoncé un entêtement inhumain face aux conditions des travailleurs et faisant fi de la volonté populaire.

Dix fois le peuple, de Zurich à Bâle, a été appelé à se prononcer sur des libéralisation et dix fois il a dit «non», a-t-il souligné. Et de se lancer dans un plaidoyer enflammé contre une politique menée par une petite minorité de profiteurs.

Le dimanche chômé est très important pour le bon fonctionnement de la vie sociale, a ajouté Louis Schelbert (Verts/LU). Ne pas s'y tenir fera augmenter la précarité. (afp)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!