Session: Le National refuse de mieux protéger les mères contre le licenciement

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SessionLe National refuse de mieux protéger les mères contre le licenciement

Une initiative du Tessin qui voulait étendre leur protection à 12 mois au lieu de 16 semaines aujourd’hui a été rejetée. La commission réfléchit toutefois à la faire passer à 20 semaines. 

par
Christine Talos
Selon des enquêtes, 10% des femmes, voire une femme sur 7, perdent leur emploi après un congé maternité. 

Selon des enquêtes, 10% des femmes, voire une femme sur 7, perdent leur emploi après un congé maternité. 

20min/Michael Scherrer

Les jeunes mères sont suffisamment protégées contre un licenciement après la naissance de leur enfant. Le National a décidé mercredi par 116 voix contre 65 de ne pas donner suite à une initiative tessinoise qui aurait voulu étendre cette protection jusqu’à 12 mois après l’accouchement. Les Etats l’avaient déjà refusée. 

Le Tessin souhaitait adopter le modèle italien qui interdit de licencier une mère jusqu’à ce que son enfant fête son premier anniversaire. Le canton demandait aussi qu’au cours des douze premiers mois, les mères puissent bénéficier d’un congé sans solde équivalent à une réduction maximale de 30% du taux d’occupation prévu dans le contrat.

Une minorité de gauche, emmenée par Sibel Arslan (Verts/BS), soutenait le texte. Selon l’élue, beaucoup de jeunes mères démissionnent après y avoir été incitées par leur employeur ou parce qu’elles n’ont pas pu réduire leur taux d’occupation. Une étude a montré qu’une femme sur sept perd son emploi ainsi, a-t-elle rappelé. La proposition tessinoise serait donc bénéfique, selon elle, pour maintenir la main-d’œuvre féminine sur le marché du travail. «Moins de forces de travail quitteraient ainsi le marché.»

Protection longue et risquée

La majorité n’a pas voulu la suivre. Philipp Matthias Bregy (C/VS) a souligné que l’extension du temps de protection demandée était trop importante et risquait de poser des problèmes. Les entreprises pourraient ainsi ne plus engager des femmes en âge de procréer, a-t-il mis en garde. En outre, nombre d’entre elles offrent déjà des solutions tolérantes et souples envers les jeunes mères, selon lui. Et de rappeler que la commission a aussi élaboré une initiative pour une extension de la protection contre le licenciement de 16 à 20 semaines.

Le Valaisan a également relevé que permettre de réduire de 30% le temps de travail des jeunes mamans risquait d’être très compliqué pour les petites PME qui n’ont que peu d’employés. Elles se retrouveraient en grande difficulté, a-t-il affirmé.

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