Armée: Le National tient à un budget de 5 milliards
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ArméeLe National tient à un budget de 5 milliards

Par 99 voix contre 66, la chambre basse a adopté jeudi une motion de commission qui exige que l'exécutif remonte le plafond annuel des dépenses militaires à 5 milliards de francs.

Le Conseil national n'a pas serré la ceinture mais demande des économies.

Le Conseil national n'a pas serré la ceinture mais demande des économies.

Le Conseil fédéral ne peut pas couper le budget de l'armée au mépris de la volonté du Parlement.

Le gouvernement doit respecter à la lettre le mandat fixé en septembre 2011 par les Chambres, a fait valoir Luc Barthassat (PDC/GE) au nom de la commission. Il doit reprendre dans sa planification financière un budget militaire de 5 milliards de francs dès 2014 pour acheter les 22 nouveaux avions de combat, garantir une armée de 100'000 militaires et combler les lacunes en équipement.

Or le gouvernement ne veut augmenter le plafond qu'à 4,7 milliards. Quelque 300 millions devraient en outre être prélevés chaque année dès 2014 sur le budget militaire pour financer un fonds servant à l'achat des Gripen.

Avec cette réduction, des places d'armes et des hôpitaux militaires seront fermés, a critiqué Corina Eichenberger (PLR/AG), également au nom de la commission. Le nouveau modèle d'école de recrue sera compromis, tout comme sa durée.

Discipline budgétaire

La gauche a dénoncé sans succès une motion superflue tant du point de vue de la sécurité que de la politique financière, selon les propos d'Evi Allemann (PS/BE). Comment expliquer à la population que le relèvement du plafond se fait au détriment de la formation, de l'agriculture ou de la coopération au développement, a-t-elle demandé.

Le plénum n'a pas non plus été sensible aux arguments du président de la Confédération Ueli Maurer. Pour le ministre de la défense, plafonner les dépenses à 4,7 milliards permet au Conseil fédéral de s'en tenir aux priorités de dépenses voulues par les Chambres et de maintenir une discipline budgétaire.

L'armée devra certes procéder à des mesures d'économie durables. Mais un budget réaliste est préférable pour son développement à un plafond des dépenses plus élevé qui, selon les circonstances, devrait être périodiquement réduit, a plaidé en vain Ueli Maurer.

Le Conseil des Etats doit encore se prononcer. (ats)

Conserver les tirs obligatoires

Les tirs obligatoires sont utiles du point de vue militaire. Fort de cet avis, le National a enterré jeudi par 91 voix contre 66 une initiative parlementaire visant à les supprimer et à forcer les soldats à déposer leur arme à l'arsenal après leur service militaire ou cours de répétition.

Ces exercices jouent un rôle essentiel dans la formation des soldats, a fait valoir Yvan Perrin (UDC/NE), au nom de la commission opposée à l'initiative du groupe vert'libéral. Ils leur permettent de vérifier que leur arme fonctionne et qu'ils savent l'utiliser.

De plus, les citoyens ont refusé il y a deux ans à 56,3% une initiative populaire qui voulait empêcher les Suisses de garder leur fusil chez eux. Forcer les soldats à rendre leur arme personnelle reviendrait à détourner cette décision claire, a critiqué Yvan Perrin. Et il est déjà possible de déposer son arme volontairement à l'arsenal.

Le PVL a plaidé en vain pour la suppression des tirs obligatoires. Se coucher par terre et tirer sur une cible située à 300 mètres est une activité complètement dénuée de sens à l'heure actuelle pour un soldat, a argumenté Beat Flach (PVL/AG), pourtant grand amateur des clubs de tirs. Selon lui, il n'appartient pas à l'armée de favoriser ce sport.

Supprimer cette tradition permettrait d'économiser les 9,5 millions de francs versés chaque année aux société de tir, a ajouté Roland Fischer (PVL/LU). En vain.

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