Actualisé 16.10.2012 à 17:14

Naufrage du Concordia

Le navire était devenu ingouvernable

Le Concordia est devenu rapidement ingouvernable en raison de la grande quantité d'eau embarquée. Des experts au procès de Grosseto estiment que le capitaine aurait dû avertir l'équipage.

«Trois minutes à peine après le choc, le commandant Schettino a la certitude d'avoir un trou dans la coque et d'avoir embarqué tellement d'eau qu'elle empêche l'accès à la salle des machines», selon un rapport d'experts cité par les médias italiens. Le document a été au centre d'une deuxième audience technique consacrée à l'accident.

Le commandant Francesco Schettino, mis en cause pour naufrage, homicides par imprudence et abandon de navire, aurait dû informer immédiatement l'équipage pour «lui permettre d'affronter la situation d'urgence et coopérer pour assurer la sécurité des passagers», ont estimé les experts.

Dix personnes - Schettino, six membres d'équipage et trois dirigeants de Costa Crociere, propriétaire du navire et filiale du groupe américain Carnival - font l'objet d'une enquête pour le naufrage le 13 janvier du paquebot de croisière Concordia. Les audiences techniques servent à établir les responsabilités et éléments de preuve avant un renvoi en justice formel, qui n'est pas attendu avant la fin de l'année.

«Bouc émissaire»

L'audience a aussi été l'occasion d'analyser un rapport de la capitainerie du port de Livourne montrant que Costa Crociere n'a alerté les garde-côtes que 51 minutes après la collision en violation des règles maritimes. «Même quand le contact a été établi, la situation n'était pas conforme à ce que le capitaine avait relaté», selon le rapport cité par l'agence Ansa.

Lundi, lors de la première audience technique, la pression était montée sur la compagnie quand des avocats de victimes avaient estimé que Schettino n'était que «le bouc émissaire» de Costa qui voulait éluder ses propres responsabilités.

La défense de Costa Crociere a continué mardi à rejeter l'essentiel de la faute sur le commandant. Un porte-parole a rappelé que Costa avait donné son accord à ce que le paquebot passe à cinq milles marins (environ 9 km) du Giglio, mais que la décision de naviguer tout près de l'île et à grande vitesse pour une parade tous feux allumés dite de «salut» (»inchino») a été prise par Schettino.

Une fois que le navire avait heurté les rochers à la suite de l'erreur du commandant, la compagnie ne pouvait plus rien faire, selon la défense de Costa.

«La dimension du trou sur la coque du Concordia était énorme, les compartiments étanches ont été noyés en quelques minutes et l'unité de crise n'a rien pu faire» pour assister le paquebot, «devenu ingouvernable 45 à 50 secondes après l'accident car les systèmes étaient en avarie», a déclaré Marco De Luca, l'avocat de Costa.

«Seuls 10% ont porté plainte»

Quant à la fameuse manoeuvre «miraculeuse» que Schettino affirme avoir effectuée pour rapprocher le navire du rivage, un amiral cité à l'audience a souligné qu'elle n'était due qu'»à la chance, car le navire était hors de contrôle».

Concernant l'indemnisation des passagers, Costa a indiqué dans un communiqué que, sur les 3050 passagers qui n'ont souffert d'aucun problème physique après le naufrage, «environ 67% ont accepté le dédommagement proposé» pour une somme moyenne de 14'000 euros. Selon Costa, «environ 10%» des passagers ont porté plainte contre elle.

Le Costa Concordia (114'500 tonnes) s'était échoué sur des rochers à quelques dizaines de mètres de l'île du Giglio avec à son bord 4229 personnes, dont 3200 touristes.

(ats)

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