Le neem, arme contre la malaria, testée par un Suisse
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Le neem, arme contre la malaria, testée par un Suisse

Un spécialiste suisse des insectes teste un produit naturel contre le moustique vecteur du paludisme.

Le neem, arbre africain très répandu, peut devenir l'arme d'éradication des larves du moustique qui transporte le paludisme. Pour lutter contre ce fléau responsable de 1 à 3 millions de morts par an, des enfants pour la plupart, le Centre international sur la physiologie et l'écologie des insectes (ICIPE) à Nairobi, au Kenya, teste une technique originale de lutte biologique. Sur le principe du sachet de thé dans une tasse, des sacs de toile remplis de sciure et de morceaux de bois de neem sont placés dans les mares où grouillent les larves de l'anophèle.

Pendant trois mois, l'insecticide naturel se libère progressivement. «Les effets larvicides de l'arbre de neem sont bien connus, explique dans le dernier numéro de La revue durable François Omlin, l'entomologiste suisse à l'origine de cette méthode. Les quelque cent substances répandues par le neem ont pour effet de retarder le développement et de créer des anomalies ou la mortalité de nombreux insectes.» Les premiers résultats sur le terrain sont positifs. Une étude en labo est en cours pour vérifier l'efficacité de cette technique.

La société kényane Biop Ltd, issue de l'ICIPE, conditionne des produits tirés du neem, surnommé l'arbre à miracle, en raison de son usage répandu en médecine, dans l'agriculture et pour les cosmétiques. En cas de tests concluants, Biop Ltd pourrait commercialiser le sachet de neem contre les larves d'anophèles, qui infectent entre 300 et 500 millions de personnes par an.

Giuseppe Melillo

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