Le Népal, de la monarchie à la République
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Le Népal, de la monarchie à la République

Des milliers de Népalais ont fêté dans la nuit de mercredi à jeudi l'abolition de la monarchie et l'avènement de la République.

Symbole de la fin de la monarchie, le drapeau royal de la dynastie des Shah a été retiré du palais de Katmandou.

«Le drapeau royal a été remplacé par le drapeau du Népal à l'intérieur du palais ce matin», a indiqué un représentant officiel du palais royal. L'assemblée constituante, issue des élections du 10 avril remportées par les ex-rebelles maoïstes, a aboli mercredi la seule monarchie hindouiste au monde et a proclamé la république.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des milliers de Népalais réunis à Katmandou ont chanté «Longue vie à la république» et dansé dans les rues. Sur les maisons, des guirlandes de lumière avaient été allumées pour célébrer l'événement.

«C'est le jour le plus important de ma vie», a témoigné Rajesh Subedi, étudiant de 21 ans et partisan des maoïstes, après avoir passé toute la journée dans l'attente de la proclamation officielle.

Palais transformé en musée

La session de l'Assemblée constituante était le point d'orgue de l'accord de paix signé en 2006 entre les principaux partis politiques et les maoïstes qui avait mis un terme à une guerre civile ayant fait au moins 13 000 morts. Le roi Gyanendra a désormais 15 jours pour quitter son palais qui sera ensuite transformé en musée.

Le texte voté par l'assemblée constituante stipule que le Népal devient «un état indépendant, indivisible, souverain, laïc et une république démocratique». «Tous les privilèges accordés par le roi et la famille royale cessent d'être valides à partir d'aujourd'hui», selon le texte adopté mercredi. Jeudi et vendredi ont été déclarés jours fériés.

«Le peuple népalais a été libéré de siècles de tradition féodale et la porte est maintenant ouverte à une transformation sociale et économique radicale», a estimé Krishna Bahadur Mahara, porte-parole des maoïstes.

L'armée népalaise, longtemps considérée comme un bastion royaliste, a assuré de son côté qu'elle respecterait le résultat du vote de l'assemblée constituante. «Ce que nous ressentons ne compte pas, ce qui compte c'est ce que ressent le pays», a déclaré le général Ramindra Chhetri.

Monarque impopulaire

Gyanendra était monté sur le trône en 2001 après l'assassinat spectaculaire et mystérieux de neuf membres de la famille royale par le prince héritier, apparemment ivre et drogué, qui s'était ensuite suicidé. Son impopularité avait atteint son paroxysme lorsqu'il avait renvoyé le gouvernement et s'était octroyé les pleins pouvoirs en février 2005.

Ce coup de force avait poussé les principaux partis politiques à s'allier avec leurs ennemis de toujours, les rebelles maoïstes, et à conclure l'accord de paix en 2006.

(ats)

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