Actualisé 19.01.2012 à 17:09

Asile Le nombre de demandes d'asile monte en flèche

Le nombre de demandes d'asile a fortement augmenté l'an dernier en Suisse: 22'551 requêtes ont été déposées en 2011, soit une hausse de 45% par rapport à 2010. C'est le chiffre le plus élevé depuis 2002

L'Erythrée est le principal pays de provenance des requérants, avec 3356 demandes. Elle est suivie de la Tunisie (2574) et du Nigéria (1895). Ce fort afflux s'explique principalement par la crise qui sévit en Afrique du Nord et par la route migratoire vers l'Europe empruntée depuis mars.

Les requérants d'asile tunisiens ont peu de chances de pouvoir rester en Suisse, précise l'ODM dans son communiqué. L'an dernier, 324 sont rentrés volontairement. Alors que les rapatriements sous contrainte avaient été suspendus en raison des bouleversements survenus en Afrique du Nord, un vol spécial à destination de la Tunisie a à nouveau été organisé en décembre dernier.

21% de demandes acceptées

En 2011, 19'467 demandes d'asile ont été réglées en première instance, soit 1223 de moins qu'en 2010 (-5,9%). 3711 personnes ont obtenu l'asile, contre 3449 l'année précédente ( 7,6%). Ainsi, l'octroi d'asile a avoisiné les 21%, en hausse de 17,7% par rapport à 2010.

L'an dernier, 3621 requérants d'asile ont été transférés dans un autre Etat Dublin pour des raisons de compétence, contre 2722 en 2010. Inversement, 482 personnes ont été remises à la Suisse en 2011. L'accord de Dublin a donc jusqu'ici permis à la Suisse de transférer nettement plus de personnes dans d'autres Etats Dublin qu'il ne lui a imposé d'en reprendre.

Caritas veut relativiser ces chiffres.

De même, 9461 personnes au total ont quitté l'an dernier la Suisse par voie aérienne après avoir été contrôlées par les autorités. Comparé à 2010 (8059 départs), cela représente une hausse de 17%.

La semaine dernière, Caritas a appelé dans un communiqué à dépassionner la politique d'asile. Au début des années 2000, le nombre de demandes a plusieurs fois avoisiné ou dépassé les 20'000. Mais à l'époque, ce nombre était considéré comme étant la situation normale en matière de politique d'asile suisse, rappelle l'oeuvre d'entraide.

Pays communistes

Dans les années 50 et 60, quelques centaines de personnes déposaient une demande d'asile en Suisse par an, selon des données récoltées par l'ats. Une décennie plus tard, on en enregistrait 1000 à 3000. Pour la plupart, les demandeurs provenaient de pays communistes.

A partir de 1980, la migration Sud-Nord a pris une ampleur dramatique. Les demandeurs d'asile provenaient alors surtout de zones en crise comme le Sri Lanka ou le Proche Orient. Dans les années 1990, les conflits dans l'ex-Yougoslavie et au Moyen-Orient ont amené de nouvelles vagues de réfugiés.

Des chiffres qui fluctuent

De 1980 à 1990, les demandes en Suisse ont passé de 3000 à 36'000. Après un recul temporaire, un pic a été atteint en 1999 avec 47'500 demandes. Depuis 2003, le chiffre annuel oscille entre 11'000 et 21'000. Entre 2008 et 2010, il se situait à environ 16'000.

En 1970, près de 20'000 personnes du domaine de l'asile se trouvaient en Suisse (réfugiés reconnus, acceptés temporairement, requérants, internés ou tolérés). Jusqu'en 1999, leur nombre a passé à plus de 133'000. En 2000, ils étaient moins de 100'000. Depuis la fin 2005, leur nombre est d'environ 70'000. En comparaison, 1,75 million d'étrangers vivaient en Suisse en 2011.

(ats)

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