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Remaniement ministérielLe nouveau ministre avait traité Macron de connard

Nouveau venu dans un gouvernement légèrement remanié, le socialiste Olivier Dussopt traîne pourtant une jolie casserole derrière lui.

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cga/afp

Emmanuel Macron a finalement dévoilé vendredi son mini-remaniement avec la promotion de Benjamin Griveaux, un de ses fidèles, comme porte-parole du gouvernement, le maintien du patron de LREM Christophe Castaner, et la nomination de deux secrétaires d'Etat à Bercy, venus l'un de la gauche - le député PS Olivier Dussopt - et l'autre du privé - Delphine Gény-Stephann, cadre dirigeante de Saint-Gobain.

«Tout ça pour... ça», ironise, samedi, «Le Parisien», en pages intérieures. «Attendu en début de semaine, ce n'est finalement qu'hier soir (ndlr: vendredi) à 19h00 que le miniremaniement a été annoncé. Un porte-parole, deux secrétaires d'Etat... rien de franchement révolutionnaire», s'agace le quotidien qui enfonce le clou: «Et pourtant le suspense aura duré toute la semaine.»

«A minima»

«C'est ce qu'on appelle prendre le temps de la réflexion», explique Marcelo Wesfreid, dans «Le Figaro», qui relève «un remaniement ministériel a minima.»

«Sans cesse annoncé, sans cesse remis au lendemain, le troisième remaniement de l'ère Macron aura mis une semaine à se concrétiser pour tomber vendredi soir via un communiqué», s'étonne également dans «Libération» Dominique Albertini. Pour ce dernier, le gouvernement est désormais «largement composé d'experts et de novices» et «pas tous préparés à produire une défense tous azimuts de l'Exécutif», prévient-il.

Saad Hariri accueilli par le président Macron

Le Premier ministre libanais démissionnaire Saad Hariri a été accueilli samedi à la mi-journée au palais présidentiel de l'Élysée par le chef de l'État français Emmanuel Macron.

«Une techno, un socialiste et un fidèle de la première heure, le remaniement annoncé depuis le début de la semaine a livré un casting représentatif de la méthode Macron», constate sobrement «Le Monde», sur son site.

Il a voté contre le budget il y a 3 jours

L'une des nouveautés de ce remaniement du gouvernement Philippe réside dans l'arrivée du député PS Olivier Dussopt, 39 ans, spécialiste des collectivités locales, ancien proche de Martine Aubry devenu proche de Manuel Valls. Il s'agit d'une prise de choix à gauche pour le chef de l'Etat, souvent accusé de «marcher» trop à droite.

Il est nommé secrétaire d'Etat auprès du ministre des Comptes publics Gérald Darmanin; il y sera chargé de la Fonction publique, secteur où la politique d'économies du gouvernement passe mal.

Ironie du sort, M. Dussopt a voté... contre le budget du gouvernement il y a trois jours, à l'unisson du groupe socialiste. Mais c'est le Huffington Post qui ressort le plus lourd dossier sur ce nouveau venu du gouvernement.

En septembre 2014, Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie, était interpellé dans les couloirs de l'Assemblée Nationale par un député socialiste n'ayant pas apprécié son commentaire condescendant à l'égard d'ouvrières de son département, qualifiées «d'illettrées». Son nom? Olivier Dussopt.

«Je me nomme Olivier Dussopt, je suis député de l'Ardèche. Ma mère est ouvrière, n'a pas de diplôme et a été licenciée à deux reprises. Vous l'avez insultée, ce matin sur Europe 1», avait ainsi expliqué le député au ministre dans des propos repris par Lelab d'Europe 1. Après cette présentation, l'élu avait reproché à Macron son comportement de «connard» et son «mépris», relatait «Le Canard enchaîné» de l'époque.

Vu l'ampleur de la polémique, le ministre de l'Economie avait finalement présenté ses excuses devant les parlementaires pour ses propos. Et trois ans plus tard, il a proposé un poste à son détracteur.

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