Actualisé 04.05.2008 à 07:25

Le nouveau «tsar» Dmitri Medvedev monte sur le trône

Dmitri Medvedev, 42 ans, entrera en fonction le 7 mai au Kremlin.

Il deviendra ainsi le troisième président de Russie après Boris Elstine, le «fossoyeur» de l'Union soviétique, et Vladimir Poutine, qui gardera une partie des rênes du pouvoir en tant que Premier ministre.

La Russie va plonger à cette occasion dans trois jours de pompe et de solennité qui s'ouvriront sur la cérémonie d'investiture au Kremlin, avec prestation de serment, et s'achèveront par une grande parade militaire, digne de l'époque soviétique, le 9 mai sur la Place rouge en présence de MM. Medvedev et Poutine.

Dauphin du président Poutine, Dmitri Medvedev, qui était premier vice-Premier ministre en charge des grands programmes sociaux du pays (santé, logement, éducation), a obtenu 70,28% des voix le 2 mars, au terme d'un scrutin critiqué par l'opposition et l'Occident.

Une majorité de Russes, qui ont retrouvé ces dernières années une stabilité après l'ère de Boris Eltsine (1991-1999), ponctuée de crises économiques et de réformes impopulaires, ont alors opté pour la continuité, à l'issue d'une campagne électorale toute acquise au candidat du Kremlin.

Juriste de formation puis haut fonctionnaire au Kremlin, Dmitri Medvedev a émergé comme dauphin potentiel lorsqu'il fut nommé premier vice-Premier ministre en 2005, avant d'être adoubé par Vladimir Poutine le 10 décembre 2007 dans la course à la succession.

Continuité

Pendant sa campagne, il n'a affiché qu'un programme, la fidélité à Vladimir Poutine et la continuité de sa politique, marquée par une croissance soutenue (7-8%) grâce à la manne du pétrole et du gaz, mais aussi par un recul de la démocratie.

Vladimir Poutine, qui en vertu de la Constitution ne pouvait se présenter pour un troisième mandat consécutif, après huit ans au pouvoir (2000-2008), a promis de devenir son Premier ministre.

Le 15 avril, il a aussi été nommé à la tête du parti pro-Kremlin Russie Unie, un levier de pouvoir digne du PCUS, et nombre d'observateurs estiment qu'il pourrait revenir au Kremlin en 2012, date de la prochaine élection présidentielle.

Tandem inédit

Ce tandem, inédit en Russie, suscite les interrogations des observateurs qui mettent en doute la capacité de M. Medvedev à être le «vrai» patron de la Russie avec un Vladimir Poutine toujours influent et soutenu par les «siloviki», ces faucons issus de l'armée et du KGB.

L'un de ses tout premiers actes de président sera d'ailleurs d'appeler Vladimir Poutine à son côté comme Premier ministre. «Le 7 mai, le nom de Poutine sera proposé au Parlement, et le 8 nous l'approuverons», a annoncé le président de la Douma (chambre basse), Boris Gryzlov.

Vladimir Poutine a assuré que Dmitri Medvedev s'occuperait de la politique étrangère et de la défense, promettant de se concentrer pour sa part sur les questions économiques et sociales.

Parade militaire grandiose

Originaire de Saint-Pétersbourg (nord-ouest), ville natale du président sortant et de nombreux représentants de l'élite politique russe, Dmitri Medvedev est considéré comme le plus «libéral» des poutiniens.

Les Occidentaux espèrent qu'il contribuera à une amélioration de leurs relations avec la Russie, refroidies sous Poutine. Mais ce dernier, déterminé à restaurer la grandeur de la Russie après l'humiliation de la chute de l'URSS, a averti que son successeur ne serait pas un partenaire plus facile.

Comme pour mieux donner le ton, la Russie renouera le 9 mai-

date de la victoire sur l'Allemagne nazie en 1945 - avec les défilés militaires grandioses de l'URSS, alignant troupes, blindés et missiles stratégiques, symbole d'une certaine puissance russe.

Le mouvement d'opposition L'Autre Russie de l'ancien champion d'échecs Garry Kasparov, qui considère l'élection de M. Medvedev comme «illégitime», prévoit pour sa part des manifestations à la veille de la cérémonie d'investiture.

(ats)

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