Actualisé 22.03.2011 à 17:45

Séisme au JaponLe nuage radioactif sur la Suisse mercredi

Un nuage de particules radioactives pourrait atteindre la Suisse mercredi.

Des particules provenant du Japon pourraient atteindre la Suisse dans les jours ou semaines à venir, mais elles ne devraient pas représenter de danger pour la population.

On a mesuré d'infimes quantités de césium 137 et d'iode 131 dans l'air, mais ces substances ne proviennent pas de la catastrophe de Fukushima, a expliqué mardi devant la presse Werner Zeller, responsable de la radioprotection à l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Il s'agit notamment de restes de Tchernobyl et de radioactivité naturelle.

Des contrôles réguliers sont menés en Suisse: cinq stations au sol mesurent toute l'année la radioactivité. L'armée de l'air, équipée de filtres spéciaux, est également mise à contribution. Des vols auront lieu dès mercredi.

Des traces de la catastrophe du Japon devraient être perceptibles en Suisse les jours ou semaines qui viennent, selon Werner Zeller. MétéoSuisse estime que les particules pourraient déjà arriver au- dessus de la Suisse mercredi.

Pas de nuage

L'OFSP exclut que les valeurs radioactives soient aussi élevées que celles de l'explosion de Tchernobyl. On ne peut du reste pas parler de «nuage» comme lors de l'accident en Ukraine en 1986, a précisé Werner Zeller. La Suisse avait alors mesuré des valeurs 1000 fois supérieures à la norme.

Si les stations de mesure de Metéosuisse enregistrent des radiations dépassant 1 Millisievert par heure, la Centrale nationale d'alarme (CENAL) est automatiquement alertée. Pour l'instant, la CENAL estime que la grande distance séparant la Suisse de l'archipel nippon a permis de suffisamment diluer les particules contaminées pour qu'elles ne représentent plus de danger.

«Menace» à Bâle

Si les conséquences de la catastrophe japonaise mobilisent, les Suisses s'inquiètent tout autant du parc nucléaire plus proche. Onze jours après le séisme qui a endommagé la centrale japonaise, les gouvernements de Bâle-Ville et Bâle-Campagne se préoccupent de la centrale voisine de Fessenheim, dans le Haut-Rhin à 35 km au nord de Bâle.

Les deux demi-cantons ont demandé aux autorités françaises et à Electricité de France d'arrêter immédiatement la plus ancienne centrale nucléaire en activité en France. Ils estiment qu'elle représente une «menace sérieuse».

Selon une notice d'inspection des autorités françaises de surveillance atomique datant de 2001, les systèmes de protection assurant le refroidissement du réacteur ne seraient pas assurés en cas de fort séisme. Les deux Bâles vont en outre demander au Conseil fédéral qu'il aborde le sujet lors d'une rencontre des ministres de l'environnement. Doris Leuthard rencontrera justement ses homologues européens vendredi et samedi à Budapest.

L'Association trinationale de protection nucléaire, qui rassemble des associations écologistes et des collectivités locales de France, d'Allemagne et de Suisse, a de son côté décidé à l'unanimité lundi de faire appel de la décision du Tribunal administratif de Strasbourg. Celui-ci a rejeté le 9 mars la demande de fermeture immédiate de la centrale présenté parn l'association.

Pas de décision précipitée

En Argovie, où se situent trois des cinq centrales suisses (Leibstadt, Beznau I et II), le parlement a clairement rejeté une motion du camp rose-vert demandant que le canton use de son droit d'initiative pour demander la sortie du nucléaire aux Chambres fédérales. Le gouvernement cantonal avait déjà refusé de débrancher les centrales existantes «le plus vite possible».

Les opposants au texte ont fait valoir qu'il ne fallait pas prendre de décision précipitée. Il faut avant tout attendre les conclusions des expertises des centrales, ont-ils avancé. Il s'agit en outre de garantir un prix avantageux du courant.

Dans le canton de Berne également, les adversaires de Mühleberg ont demandé au Département fédéral de l'environnement, des transports et de la communication (DETEC) que la centrale soit immédiatement arrêtée pour des raisons de sécurité. Ils se basent notamment sur les conclusions d'une expertise de 2006 sur les fissures présentes dans le manteau du réacteur de la centrale.

Table ronde souhaitée

Du côté des partis politiques, un débat sur la future politique énergétique de la Suisse pourrait avoir lieu. Le PS a invité les autres formations à une table ronde. Les Verts et le PBD sont prêts à discuter, alors que l'UDC, le PDC et le PLR n'ont encore rien décidé.

Reportage sur l'arrivée du nuage en France

(ats)

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