Actualisé 23.01.2018 à 20:44

Genève

Le numéro 2 de la police judiciaire a été arrêté

Le grand flic a été prévenu de violation grave du secret de fonction. Il a trop parlé dans une affaire ayant pour théâtre le monde de la nuit.

de
Jérôme Faas
La procédure visant le policier intervient en marge d'une grosse affaire ayant pour épicentre un bar à champagne.

La procédure visant le policier intervient en marge d'une grosse affaire ayant pour épicentre un bar à champagne.

iStock

Le numéro deux de la police judiciaire genevoise a été arrêté vendredi. L'homme, un ancien de la brigade des mœurs, dirige depuis huit ans la section des infractions contre la personne. Il lui est reproché une violation grave du secret de fonction. Une infraction qui recouvre le fait d'informer autrui de l'activité policière à venir, au risque de nuire à une enquête en cours.

Il a déjà été entendu par le Ministère public et le sera à nouveau mercredi. Porte-parole du pouvoir judiciaire, Henri Della Casa confirme l'ouverture d'une procédure pénale contre celui qui occupait jusque-là la fonction de remplaçant du patron de la police judiciaire. «En raison de l'instruction qui débute, dirigée par le procureur général Olivier Jornot, il ne sera fait aucun commentaire à ce stade.»

Bar prisé des policiers

Selon nos informations, l'affaire a pour décor le milieu de la nuit et comporte plusieurs volets. Le principal pourrait faire grand bruit et donner du travail à l'inspection générale des services (IGS), car son épicentre est un bar qu'affectionnent de nombreux agents. Dans cette partie du dossier, qui a déjà donné lieu à au moins trois arrestations en sus du policier, est impliquée une femme. Elle est à ce jour considérée comme une «personne appelée à donner des renseignements», soit un statut médian entre prévenue et témoin. Elle est représentée par Me Serge Rouvinet et sera aussi auditionnée mercredi.

Son avocat sait, par ricochet et en partie, ce qui est reproché au numéro deux de la PJ. «Il est intervenu dans une affaire strictement privée. Il n'a pas mesuré les conséquences de son geste.» Selon lui, «il s'agit avant tout d'une histoire d'amitié» entre sa cliente et le grand flic. Dont on croit comprendre qu'il a décroché son téléphone à fort mauvais escient.

Black-out à l'interne

Les faits qui ont conduit à sa mise en prévention sont très récents. Au sein de la police, c'est le black-out total. La nouvelle de la disgrâce du haut-gradé s'est bien sûr largement ébruitée, mais personne ne semblait connaître l'objet de l'infraction dont il est soupçonné. Il serait libre de ses mouvements mais n'a pas été vu sur son lieu de travail depuis vendredi.

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