Actualisé 02.10.2011 à 11:57

Police judiciaire lyonnaise

Le numéro 2 toujours en garde à vue

Le numéro 2 de la police judiciaire (PJ) lyonnaise (centre-est) et trois autres autres responsables policiers restaient en garde à vue samedi pour un interrogatoire.

Deux autres policiers de la brigade des stupéfiants de Lyon ont été placés en garde à vue samedi à la «police des polices» dans une affaire de corruption qui provoque une vive émotion. Ils sont désormais six à être interrogés, dont Michel Neyret, numéro deux de la police judiciaire de Lyon.

Outre M. Neyret, le chef de la brigade de recherche et d'intervention (BRI, «anti-gang») de Lyon et deux dirigeants de l'antenne de police de Grenoble ont vu leur garde à vue par l'Inspection générale des services (IGS) prolongée dimanche, a dit une source judiciaire.

Michel Neyret doit être présenté lundi à un juge d'instruction parisien en vue d'une probable inculpation pour «corruption, trafic d'influence, association de malfaiteurs et trafic de stupéfiants».

L'épouse de Michel Neyret, interpellée jeudi en sa compagnie, et un membre présumé du grand banditisme ayant un lien avec le chef adjoint de la PJ ont été présentés au juge dès samedi et inculpés. Le parquet a requis leur placement en détention.

Accusation lancée

Un juge des libertés a laissé libre sous contrôle judiciaire Mme Neyret mais a placé en détention provisoire l'autre suspect. Directrice d'un hôtel, l'épouse de Michel Neyret est poursuivie pour «recel de corruption, de trafic d'influence et de vol et association de malfaiteurs».

Michel Neyret serait confondu, selon l'accusation, par des écoutes téléphoniques menée initialement dans l'enquête sur un trafic international de stupéfiants, où il a figuré fin 2010 et début 2011 dans des conversations avec des truands.

La nouvelle information judiciaire confiée en mai sur cet aspect spécifique du dossier a permis de nouvelles écoutes téléphoniques qui seraient encore plus accablantes pour le policier lyonnais.

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Elles laissent penser qu'il a utilisé des stocks de cannabis saisis durant des enquêtes pour dédommager un indicateur dont la voiture était accidentée, a dit une source judiciaire.

Le fait de puiser dans les scellés de drogue pour faire du commerce ou rémunérer des informateurs est présenté comme une «pratique régulière» de Michel Neyret. A ce stade de la procédure, le fait de savoir si un profit personnel, une technique professionnelle ou les deux sont en cause n'est pas connu.

M. Neyret est également soupçonné d'avoir rémunéré des informateurs en détournant du cannabis en importante quantité, selon une source judiciaire.

Comptes en Suisse

Des comptes bancaires à destination de la Suisse, vraisemblablement alimentés par l'argent de la drogue, ont été découverts, orientant également les investigations vers du possible blanchiment.

Des perquisitions ont eu lieu jeudi dernier dans divers établissements bancaires et sociétés financières de Genève. La France a requis l'entraide judiciaire de la Suisse dans ce dossier.

Ce dossier de corruption présumée dans la police est de loin le plus grave depuis au moins une quinzaine d'années en France et il touche de plus une figure respectée de la hiérarchie policière, souvent en vue dans les médias.

(ats)

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