Agression de Malala: Le Pakistan s'est «levé»

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Agression de MalalaLe Pakistan s'est «levé»

L'agression de Malala par les talibans représente un tournant pour le Pakistan. Pour Ziauddin Yousafzai, le pays s'est levé quand sa fille est tombée.

Le Pakistan s'est «levé» après l'agression de la jeune Malala par les talibans, ce qui constitue «un tournant» pour le pays, a déclaré son père Ziauddin Yousafzai, lors d'une conférence de presse à l'hôpital de Birmingham (centre de l'Angleterre) où l'adolescente est soignée.

«Quand elle est tombée, le Pakistan s'est levé et le monde entier aussi. Cela a été un tournant», a estimé Ziauddin Yousafzai, arrivé jeudi au Royaume-Uni avec sa femme et ses deux jeunes fils de 8 et 12 ans.

Le père de Malala, qui a rendu visite jeudi soir à sa fille, âgée de 15 ans, a affirmé que son état «s'améliorait à une vitesse encourageante». «Nous sommes très heureux. Elle reçoit le bon traitement, au bon endroit, au bon moment», a-t-il ajouté, lors de cette conférence de presse à laquelle participaient également ses fils, mais pas la mère de Malala, intimidée par les caméras, aux dires de son mari.

«Quand nous l'avons vue hier soir, nous avons pleuré de joie», a-t-il poursuivi, remerciant les autorités pakistanaises et britanniques pour leur soutien.

«Rôle de pionnière»

Malala a été blessée par balles le 9 octobre à Mingora, principale ville de la vallée de Swat (nord-ouest du Pakistan), par des hommes armés qui ont stoppé le bus scolaire dans lequel elle circulait.

L'attaque a été revendiquée par les insurgés du Mouvement des talibans du Pakistan (TTP), allié au réseau Al-Qaïda. Ils ont affirmé l'avoir prise pour cible en raison de «son rôle de pionnière» dans la défense de l'éducation des jeunes filles et du fait de ses critiques contre eux.

L'adolescente, touchée à l'épaule et à la tête, a été transférée le 15 octobre au Queen Elizabeth Hospital de Birmingham, un établissement spécialisé dans le traitement des soldats britanniques blessés en Afghanistan.

Ecoles attaquées

Au cours de la dernière semaine, des extrémistes ont détruit quatre écoles dans le nord-ouest du Pakistan, deux près de Peshawar, grande ville du Nord-ouest du pays, et deux dans le district tribal avoisinant de Mohmand, ont indiqué à l'AFP des responsables locaux.

«Les insurgés ciblent davantage les écoles de filles et ordonnent aux professeurs et aux étudiantes de rester à la maison, en conformité avec leur version (radicale, ndlr) de l'enseignement islamique, s'ils ne veulent pas subir des conséquences terribles», explique à l'AFP le ministre provincial de l'Information Mian Iftikhar Hussain. Selon Naseem Baigam, un professeur au collège public pour filles Islamia de Peshawar, l'attaque contre Malala et la destruction récente d'écoles a effrayé les parents.

Étudiants inspirés

Mais les étudiantes du collège, eux, disent être inspirées par le combat de Malala, qui s'était fait connaître à l'âge de 11 ans seulement en tenant un blog sur la BBC dans lequel elle critiquait les talibans et partageait son amour de la connaissance.

«C'est triste de voir que les talibans détruisent (encore) des écoles», souffle Saba Riaz, une étudiante. «Ces attaques sont troublantes mais Malala nous a donné le courage de lutter pour la cause de l'éducation».

«Les filles ne seront jamais effrayées par ces attaques. Nous allons continuer nos études même s'ils détruisent nos écoles ou attaquent des filles comme Malala», renchérit sa camarade Razia Khan. (afp)

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