Turquie - Le «palais d’été» d’Erdogan fait grincer les dents
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TurquieLe «palais d’été» d’Erdogan fait grincer les dents

Le président turc s’est fait construire une résidence luxueuse sur la côte égéenne. Achevé en 2019, le manoir était resté secret jusqu’à cette semaine. Son coût et les conditions de sa construction font polémique.

Les vacances d’été semblent s’annoncer plutôt bien pour Recep Tayyip Erdogan. Le président turc s’est en effet fait construire un véritable «palais d’été» dans un endroit paradisiaque, à savoir au bord de la mer Égée, dans le sud-ouest du pays. Cette résidence majestueuse a été bâtie à Marmaris, où le dirigeant avait réussi à trouver refuge in extremis la nuit du coup d’État contre lui manqué, il y a cinq ans. Construit sur une surface équivalente à 130 terrains de football, le manoir compte 300 pièces.

La villa de Marmaris dispose, entre autres, d’une piscine et d’une plage avec accès privé à la mer, ainsi que d’une piste d’atterrissage pour hélicoptères. Un luxe débridé qui n’est pas sans rappeler une autre résidence longtemps tenue secrète: celle de Vladimir Poutine au bord de la mer Noire. La résidence du président turc a été achevée en 2019, mais elle était restée entourée d’un épais mystère jusqu’ici. C’est Sefik Birkiye, l’architecte d’Erdogan, qui a dévoilé pour la première fois des images de son œuvre.

Ces clichés ont été repris par le quotidien d’opposition laïque «Sozcu» et ont été largement partagés sur les réseaux sociaux. Cet étalage de luxe a fait réagir de nombreux internautes, à une période où la Turquie connaît de graves difficultés économiques et une forte dévaluation de la livre turque. Selon «La Repubblica», la villa de Marmaris a coûté 640 millions de livres turques au contribuable entre 2018 et 2021 (soit environ 68 millions de francs suisses).

Il est également reproché à cette demeure son impact sur l’environnement: des associations dénoncent la déforestation massive d’une zone naturelle longtemps restée intacte. Selon le parti social-démocrate (CHP), principale force d’opposition au Parlement, l’agrandissement de la villa – qui était autrefois la résidence d’été beaucoup plus modeste de l’ancien président Turgut Ozal – se serait fait au prix de l’abattage de 50’000 arbres.

(joc)

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