Prix des matières premières en baisse: Le panier de la ménagère suisse n'en sera pas meilleur marché
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Prix des matières premières en baisseLe panier de la ménagère suisse n'en sera pas meilleur marché

Les prémices d'un ralentissement de la croissance mondiale ont entraîné une baisse des prix des matières premières, comme les céréales ou le pétrole.

Mais cet elle ne devrait toutefois pas, à court terme, rendre meilleur marché le panier de la ménagère suisse.

«Lorsque le prix des matières premières augmente, le marché revoit toujours très rapidement le prix des produits alimentaires à la hausse. Mais, lorque le phénomène inverse se produit, la baisse tarde à venir et fournisseurs et distributeurs conservent une marge indue», constate Monika Dusong, présidente de la Fédération des consommateurs (FRC), interrogée mercredi par l'ATS.

Selon Mme Dusong, en Suisse, le panier de la ménagère ne devrait ainsi pas, dans l'immédiat, tirer bénéfice de l'accalmie du cours des matières premières. Et sur ce point, les représentants de la grande distribution émettent un avis semblable: «Une baisse des prix ne peut pas s'effectuer d'un jour à l'autre car il faut suivre l'évolution du marché à plus long terme», relève Karl Weisskopf, porte-parole de Coop.

«Les tarifs de certains produits peuvent être revus à la baisse mais cela dépend en grande partie de nos fournisseurs avec qui nous négocions toujours âprement», assure M. Weisskopf. Et de souligner que la «concurrence profite de toute façon au consommateur, puisqu'elle entraîne une baisse des prix».

Décalage de quelques mois

«Il y a toujours un décalage de quelques mois entre l'achat des matières premières et leur arrivée en tant que produits finis sur les étals des supermarchés» note pour sa part Martina Bosshard, porte-parole de Migros. Selon elle, une répercussion favorable sur les prix à la consommation n'est possible qu'en cas de «baisse considérable des matières permières».

Et, dans ce cas un produit alimentaire qui a subi très peu de transformation ne verra pas forcément son prix diminuer puisque d'autres facteurs entrent en ligne de compte, comme le transport, l'affinage, le cours du pétrole ou le taux de change. «C'est vraiment du cas par cas», explique Mme Bosshard.

Les prix des fruits et légumes sont quant à eux fortement conditionnés à la hausse ou à la baisse par le climat, qui permet des récoltes plus ou moins fructueuses. «Des changements peuvent avoir lieu d'une semaine à l'autre», constate M. Weisskopf.

Volonté politique

«L'influence de la crise financière actuelle est encore difficile à déterminer sur l'économie réelle», observe Monika Dusong, pour qui le tassement des cours des matière premières, n'est pas un phénomène uniquement dû au ralentissement économique.

Selon elle, la spéculation ainsi que la forte demande de l'Asie en céréales avaient contribué à la flambée des derniers mois, une situation hors normes qui s'est logiquement un peu résorbée. Quant au prix du pétrole, si le baril a baissé, il est encore loin des prix d'avant l'envolée.

Pour une baisse notoire des prix des produits alimentaires, «il faut une volonté politique», s'impatiente Mme Dusong, en rappelant que l'introduction du principe du Cassis de Dijon permettrait à la Suisse «de ne plus être un îlot de cherté» et que l'accord de libre- échange agricole (ALEA) serait bénéfique aux consommateurs. (ats)

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