Actualisé 25.05.2006 à 23:57

Le pape Benoît XVI rend hommage à Jean Paul II

Le pape Benoît XVI a entamé jeudi en Pologne un voyage de quatre jours en forme d'hommage à son prédécesseur polonais Jean Paul II.

Il a rendu un discret hommage aux insurgés du ghetto juif de Varsovie, complètement rasé au printemps 1943 par les nazis.

«Je suis venu pour suivre les traces de Jean Paul II le long de l'itinéraire de sa vie», a affirmé le pape dans une cérémonie d'accueil sur l'aéroport de Varsovie-Okecie. «Je veux m'abreuver à la source abondante de votre foi qui coule de manière ininterrompue depuis plus d'un millénaire», a ajouté le saint père dans un discours prononcé en polonais et en italien.

Le pape a été immédiatement confronté à son identité d'Allemand en faisant un tour de Varsovie, où on lui a montré les cicatrices de cette ville quasiment anéantie par les nazis. La voiture est passée lentement devant l'imposant monument aux héros de l'insurrection qui avaient péri après trois semaines de vaine résistance. Le pape a fait un signe de bénédiction en sa direction.

Quelques milliers de personnes ont observé la scène. Parmi elles, plusieurs «Justes parmi les nations», qui avaient sauvé des juifs durant la Seconde guerre mondiale. «C'est très significatif qu'il passe ici et qu'il donne sa bénédiction à la manière catholique», a déclaré Michael Schudrich, grand rabbin de Pologne.

Surmonter les divisions

Arrivé à la cathédrale Saint-Jean de Varsovie, Benoît XVI a demandé à la Pologne de surmonter ses divisions nées de son passé communiste. Il a appelé les jeunes générations à se garder de tout «jugement arrogant sur les générations précédentes qui ont vécu en d'autres temps et dans d'autres circonstances».

Le souverain pontife est ainsi intervenu dans un débat très vif en Pologne sur la manière de traiter les anciens agents de la police secrète communiste SB, dont certains appartenaient à l'Eglise.

Dans la soirée, Benoît XVI devait concélébrer une cérémonie oecuménique à l'église luthérienne de Varsovie. Pour ce voyage- son deuxième à l'étranger mais le premier qu'il ait lui-même programmé - , Benoît XVI a choisi de suivre les traces de son prédécesseur Jean Paul II.

Le pèlerinage le mènera ainsi dans la maison natale de Karol Wojtyla, dans son archevêché de Cracovie et tous ses sanctuaires favoris, à commencer par le monastère de Jasna Gora, où est exposée l'icône miraculeuse de la Vierge Noire. Et comme Jean Paul II lors de son premier voyage en 1979, il se rendra dimanche au camp de mort nazi d'Auschwitz-Birkenau.

Se réconcilier avec l'Allemagne

Le pape a confié jeudi qu'il irait là plus comme catholique que comme Allemand, afin de penser à toutes les victimes de la barbarie nazie. La visite à Auschwitz «nous permettra de penser à toutes les victimes, en réalisant combien l'homme peut tomber en dessous de sa dignité en piétinant les autres», a dit le souverain pontife.

Les dirigeants de l'Eglise polonaise n'ont cessé de souligner que Benoît XVI peut largement contribuer à une réconciliation entre la Pologne et l'Allemagne, actuellement loin d'être acquise 61 ans après la défaite nazie.

«La providence a fait qu'un Allemand a succédé à un Polonais sur le trône de Saint Pierre», a déclaré en écho le président Lech Kaczynski, dans son discours d'accueil. «Nos deux peuples, très proches l'un de l'autre, ont souvent été séparés par l'histoire. Nous sentons aujourd'hui qu'une véritable réconciliation ne peut se faire que dans la dimension spirituelle», a-t-il affirmé.

(ats)

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