Vatican: Le pape demande aux chrétiens des gestes concrets

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VaticanLe pape demande aux chrétiens des gestes concrets

Les célébrations pascales à Rome se sont achevées lundi sur un appel très concret du pape François.

Le nouveau souverain pontife a exhorté les chrétiens à traduire dans le quotidien les sacrements qu'ils ont reçus, en manifestant leurs convictions «dans leurs comportements, leurs gestes et leurs choix».

Des dizaines de milliers de fidèles et curieux étaient à nouveau rassemblés place Saint-Pierre pour l'écouter lundi. Malgré des températures fraîches, la foule a manifesté au nouveau pape, Jorge Bergoglio, élu le 13 mars, l'enthousiasme et la chaleur habituels déclenchés par chacune de ses apparitions.

Il faut «exprimer dans la vie le sacrement que nous avons reçu (..) c'est notre engagement quotidien, mais aussi notre joie quotidienne, la joie de sentir les instruments de la grâce du Christ», a lancé le pape de la fenêtre des appartements pontificaux.

Les sacrements de baptême et l'eucharistie «doivent devenir la vie, et se traduire donc en attitudes, comportements, gestes et choix», a martelé le premier pape latino-américain.

Hurlements de joie

Le pape a ensuite récité la prière du Regina Coeli, en hommage à la Vierge qu'il vénère particulièrement. Puis, il a salué l'assistance de quelques mots en évoquant «les chers pèlerins venus de divers continents pour participer à cette rencontre de prière».

«Je souhaite à chacun de vous un lundi de l'ange serein», a-t-il conclu, en ajoutant: «Bonnes Pâques à tous, bonnes Pâques et bon repas», des mots rajoutés au texte initial de son texte et salués par un hurlement de joie de la foule.

Renonçant, comme la veille, aux saluts en langues étrangères, celui qui aime se définir davantage comme «évêque de Rome» que comme chef de l'Eglise universelle, s'est ensuite attardé quelques minutes. Il a béni à plusieurs reprises les fidèles qui l'acclamaient.

Dans l'après-midi, le pape devait se rendre «en visite privée» dans la nécropole vaticane pour prier sur la tombe de Pierre, dont il est le 265e successeur.

Guerres dénoncées

Dimanche, lors de sa première messe de Pâques, le pape François a vigoureusement condamné les guerres, les prises d'otages et la traite des personnes dans le monde. Il a évoqué pour la première fois les conflits et les violences dans la «bien-aimée Syrie», mais aussi les tensions persistantes entre Israéliens et Palestiniens sur la terre du Christ qui «n'ont que trop duré», et celles dans la péninsule coréenne et en Afrique.

Aux 250'000 fidèles rassemblés sur la place Saint-Pierre par un temps printanier, et aux millions de catholiques et de non catholiques qui le suivaient à la radio, sur Internet ou à la télévision, François a donné sa bénédiction «Urbi et orbi» («à la ville et au monde»). Il s'est exprimé en italien uniquement.

Appel aux non-croyants

Samedi soir, à l'occasion de la veillée solennelle dans la basilique Saint-Pierre, l'ex-archevêque de Buenos Aires avait déjà adressé un appel aux non-croyants, aux hommes «loin de Dieu», en leur demandant de «s'interroger», de «faire un pas», d'«accepter de risquer». Le pape a souligné aussi dans son homélie qu'il ne fallait pas avoir peur de la nouveauté, «des surprises de Dieu».

Le marathon pascal a débuté jeudi par une nouveauté: pour la cérémonie du lavement des pieds, François s'est rendu dans un centre de détention pour mineurs à Rome, où il a lavé les pieds de douze jeunes.

Vendredi, il a célébré solennellement la Passion du Christ dans la basilique Saint-Pierre, avant de se rendre au Colisée à Rome pour présider le traditionnel chemin de croix. Le pape âgé de 76 ans n'a toutefois pas porté lui-même la croix.

Invitation en Irak

La passion du Christ a été fêtée un peu partout dans le monde, notamment aux Philippines où des catholiques ont été provisoirement cloués sur des croix ou se sont flagellés.

A Jérusalem, des dizaines de milliers de pèlerins ont parcouru la Vieille ville sous la surveillance de la police israélienne, en suivant la célèbre Via Dolorosa.

Enfin en Irak, accablées par la fuite de leurs fidèles vers des contrées plus stables, les 28 églises de Bagdad ont célébré Pâques en priant, sans trop y croire, pour que le pape François se rende dans leur pays. (ats)

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