Cité du Vatican: Le pape dénonce la violence fondamentaliste
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Cité du VaticanLe pape dénonce la violence fondamentaliste

François a dressé lundi un tableau très sombre du monde dans son discours annuel devant le corps diplomatique au Vatican.

Le souverain pontife a fustigé les «formes déviantes de religion» et les fondamentalistes qui massacrent au nom de Dieu en France, en Irak ou encore au Nigeria. François a dénoncé les terroristes qui voient «les autres comme des objets», comme lors du «tragique massacre» de Paris, où 17 personnes ont été tuées par des djihadistes. Il a renouvelé son appel aux «responsables religieux, politiques et intellectuels, en particulier musulmans» à condamner «toute interprétation fondamentaliste et extrémiste de la religion».

François a estimé que les attaques meurtrières commises par les frères Kouachi et par Amedy Coulibaly démontraient que le rejet des croyances d'autrui pouvait aboutir à «défaire et désagréger toute la société, et à engendrer la violence et la mort».

Rejet de Dieu

«L'être humain devient esclave (...) parfois même de formes déviantes de religion», a dit le pape, en considérant le terrorisme qui ravage la Syrie et l'Irak comme une «conséquence de la culture du rejet appliquée à Dieu». Selon lui, ce fondamentalisme refuse «Dieu lui-même, le reléguant au rang de pur prétexte idéologique».

Un «Moyen-Orient sans chrétiens serait un Moyen-Orient défiguré et mutilé», a martelé Jorge Bergoglio, alors que les violences menacent les chrétiens dans la région. Le souverain pontife a fermement condamné à plusieurs reprises cdes derniers mois les violences commises par les combattants de l'Etat islamique (EI).

Pakistan et Nigeria

Avec émotion, il a rappelé «la férocité inouïe» qui a vu, «il y a un mois, plus de 100 enfants tués» dans une école de Peshawar au Pakistan. Il a dénoncé «des formes de semblables brutalités qui fauchent souvent ceux qui sont les plus petits et ceux qui sont sans défense».

Il a également dénoncé les violences sans discernement au Nigeria», où la secte islamiste Boko Haram commet des massacres et enlève des jeunes filles. Ces enlèvements représentent «un commerce exécrable qui ne peut pas continuer, une plaie qu'il faut éradiquer», a-t-il martelé.

Autre «horrible crime» dans les conflits, les viols infligent aux femmes «un traumatisme qui pourra difficilement être effacé et dont les conséquences sont aussi de caractère social». Là aussi, la voix du pape s'est brisée.

«Les conséquences dramatiques de la mentalité du rejet et de la culture de l'asservissement est le déferlement continuel des conflits», a-t-il expliqué en citant la Libye, la Centrafrique, la Corne de l'Afrique, le Soudan ou la RDC.

Racines sociales de la violence

Pour le pape François, cette violence qui plonge la planète dans «une vraie guerre mondiale morcelée» a d'abord des racines sociales et sociétales: «une mondialisation uniformisante qui rejette les cultures», le «drame du refus» auquel sont confrontés les migrants «victimes de bourreaux avides d'argent» mais aussi «les exclus cachés» que sont certaines personnes âgées ou handicapées ainsi que les jeunes sans emploi.

Sans allusion directe à l'avortement et à l'euthanasie, il a évoqué toutes «les vies rejetées» et envoyé une pique aux mentalités et législations occidentales sur la famille. «Il n'est pas rare que la famille soit objet de rejet», a-t-il dit, dénonçant «le phénomène dramatique de la dénatalité» et «des législations qui privilégient différentes formes de cohabitation», dans une allusion implicite au divorce et au mariage homosexuel.

Peu de bonnes nouvelles

Le pape a mentionné fort peu de bonnes nouvelles en 2014, saluant essentiellement le dialogue entre Cuba et les Etats-Unis «après un silence réciproque qui a duré plus d'un demi-siècle», sans aucunement s'étendre sur le rôle de médiation tenu par le Vatican.

Le Saint-Père a terminé son discours en évoquant les rendez-vous de l'année en matière d'environnement. Il a souhaité en particulier «un nouvel accord sur le climat» lors de la conférence prévue en décembre à Paris. (ats)

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