Pâques: Le pape appelle à la «contagion de l'espérance»
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PâquesLe pape appelle à la «contagion de l'espérance»

Dimanche, les chrétiens du monde entier ont célébré Pâques, alors que beaucoup sont confinés en raison du coronavirus.

Le pape François était à l'intérieur d'une basilique Saint-Pierre désespérément vide, dimanche, en raison du coronavirus.

Le pape François était à l'intérieur d'une basilique Saint-Pierre désespérément vide, dimanche, en raison du coronavirus.

Keystone

Confinés comme la moitié de l'humanité, des centaines de millions de chrétiens ont célébré Pâques dimanche dans des conditions jamais vues. Le pape François les a exhortés à répondre à la pandémie du coronavirus par «la contagion de l'espérance».

La maladie Covid-19 a fait à ce jour plus de 113'000 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, un chiffre qui a doublé en un peu plus d'une semaine. Les Etats-Unis sont désormais le pays le plus touché, avec 542'000 cas recensés, le cap des 20'000 morts franchi samedi, selon un bilan de l'université Johns Hopkins.

Dans un monde «opprimé par la pandémie, qui met à dure épreuve notre grande famille humaine», le pape François en a appelé à «la contagion de l'espérance», au cours de sa traditionnelle bénédiction «Urbi et Orbi» prononcée cette année, virus oblige, à l'intérieur d'une basilique Saint-Pierre désespérément vide.

Appel à la solidarité

En mondovision, mais entouré d'à peine une dizaine de servants et prêlats, il a appelé à la solidarité internationale «en réduisant, si non carrément en annulant, la dette qui pèse sur les budgets des pays les plus pauvres».

Passant en revue les principaux conflits de la planète, le souverain pontife a répété son appel à «un cessez-le-feu mondial et immédiat dans toutes les régions du monde». Il a apostrophé l'Europe, qui est apparue jusqu'à présent plutôt divisée face à la pandémie, à retrouver «un esprit concret de solidarité», à avoir recours à des solutions innovantes et à oublier «les égoïsmes».

Places dépeuplées

Eglises désertées, cérémonies sans fidèles, messes sur écran... Ce week-end de Pâques a donné lieu à des images hallucinantes des monuments célèbres et grandes places dépeuplés partout sur la planète.

A Jérusalem, pour la première fois en plus d'un siècle, le Saint-Sépulcre a été fermé au public durant tout le week-end. Une brève célébration menée par une poignée de prêtres y a eu lieu dans la matinée.

Au Portugal, c'est dans une petite décapotable blanche, une statuette de la Vierge de Fatima posée sur le toit ouvrant de la voiture, qu'un prêtre a parcouru les rues de sa paroisse près de Lisbonne pour bénir les croyants. »Bien que le temple soit fermé, l'Eglise reste vivante«, s'est-il réjoui.

Terribles bilans

Aux Etats-Unis, nouvelle ligne de front de l'épidémie, New York n'en finit plus de compter ses morts - 9385 dimanche ( 758) pour le seul Etat de New York, selon le »terrible« bilan annoncé par le gouverneur Andrew Cuomo. C'est près de la moitié des décès enregistrés dans le pays.

Avec un total de 75'011 morts pour 909'673 cas, selon un décompte de l'AFP, l'Europe reste le continent le plus durement touché. L'Italie est en passe de dépasser les 20'000 morts, l'Espagne compte 16'972 décès, avec un bilan quotidien de 619 morts dimanche, reparti à la hausse après trois jours consécutifs de baisse.

Les bilans se sont aussi aggravés en France (14'393 morts) et au Royaume-Uni, qui a franchi dimanche la barre des 10'000 morts. Sorti dimanche de l'hôpital, le premier ministre britannique Boris Johnson a remercié le personnel hospitalier: »je leur dois la vie«. Il a également annoncé que »nous vaincrons le coronavirus et nous le vaincrons ensemble«.

A distance même à la plage

La timide tendance à la baisse de la tension hospitalière dans plusieurs pays montre toutefois que le confinement commence à porter ses fruits. L'Italie a ainsi annoncé dimanche 431 nouveaux décès, son bilan le plus faible depuis le 19 mars. Avec 315 morts en 24 heures, la France a elle aussi un plus pas depuis le 29 mars.

Pour autant, les contacts des personnes âgées avec leur environnement en Europe vont devoir rester limités au moins jusqu'à la fin de l'année, a averti la présidente de la Commission européenne Ursula van der Leyen. Le président français Emmanuel Macron envisagerait, lui, une prolongation du confinement jusqu'au moins après le 10 mai.

En Espagne, destination ensoleillée prisée des touristes internationaux, les règles de distance entre personnes devront rester en vigueur cet été même à la plage, a prévenu la ministre du Tourisme.

En Afrique, où près de 13'000 cas de Covid-19 et près de 700 morts ont été enregistrés selon les chiffres officiels, «le virus se répand au-delà des grandes villes», s'est inquiétée elle aussi l'OMS. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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