Crise migratoire: Le pape rendra visite aux réfugiés de Lesbos
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Crise migratoireLe pape rendra visite aux réfugiés de Lesbos

L'Eglise orthodoxe de Grèce a annoncé mardi que le pape avait exprimé ce souhait avant d'accepter une telle visite à Lesbos, principale porte d'entrée des réfugiés et des migrants en Europe.

Trois mille migrants se trouvent actuellement à Lesbos. La plupart sont retenus dans le camp de Moria avant d'être renvoyés vers la Turquie.

Trois mille migrants se trouvent actuellement à Lesbos. La plupart sont retenus dans le camp de Moria avant d'être renvoyés vers la Turquie.

photo: Kein Anbieter

Le pape François devrait se rendre à Lesbos la semaine prochaine pour exprimer sa solidarité aux réfugiés bloqués sur les îles grecques. Les demandes d'asile à instruire s'y multiplient, au point qu'il pourrait s'écouler plusieurs jours avant les prochains retours en Turquie.

L'Eglise orthodoxe de Grèce a annoncé mardi que le pape avait exprimé ce souhait, et avoir accepté une telle visite à Lesbos, principale porte d'entrée des réfugiés et des migrants en Europe depuis janvier 2015.

Une source gouvernementale grecque a confirmé mardi soir cette «visite d'importance extraordinaire», à laquelle participera aussi le patriarche oecuménique Bartholomée Ier, chef spirituel des orthodoxes, qui réside en Turquie. Cette source a cité deux dates possibles: le 14 avril et le 15 avril.

Le souverain pontife avait fustigé le 27 mars «le refus» des migrants et réfugiés par «ceux qui pourraient leur offrir un accueil et de l'aide».

Trois mille migrants se trouvent actuellement à Lesbos. La plupart sont retenus dans le camp de Moria avant d'être renvoyés vers la Turquie, conformément à l'accord UE-Ankara visant à endiguer le flux migratoire.

Reprise des renvois vendredi

La nouvelle de ce déplacement intervient au lendemain du premier renvoi en Turquie, depuis les îles de Lesbos et de Chios, de 202 migrants qui n'ont pas demandé d'asile en Grèce, selon Athènes, en vertu de l'accord UE-Turquie signé le 18 mars.

Selon un responsable turc, le prochain retour de migrants de Grèce vers la Turquie a été reporté de mercredi à vendredi à la demande d'Athènes. «La Grèce n'est pas en mesure d'envoyer ces gens», a précisé ce responsable sous couvert de l'anonymat. «Tout est prêt ici», a-t-il ajouté.

Les départs reprendront «quand un nombre suffisant» de migrants aura été réuni et que les autorités turques auront donné leur accord, a indiqué de son côté Giorgos Kyritsis, porte-parole du service grec de coordination de la politique migratoire.

L'accord UE-Turquie prévoit que tout migrant arrivé en Grèce après le 20 mars et qui n'a pas fait de demande d'asile en Grèce, ou dont la demande a été rejetée, doit être renvoyé en Turquie.

Flots de demandes d'asile

Pour parer à cette perspective, de nombreux migrants se sont précipités ces derniers jours pour demander l'asile en Grèce: plus de 2300 demandes d'asile avaient été enregistrées mardi, sur quelque 6000 migrants visés par l'accord et actuellement retenus sur les îles de leur arrivée (Lesbos, Chios, Kos, principalement), a indiqué Philippe Leclerc, représentant en Grèce du Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR).

La Grèce s'est engagée avant tout renvoi à examiner cas par cas les demandes d'asile, pour vérifier si les candidats à une protection internationale peuvent en bénéficier en Turquie.

La confusion règne

Toutefois, Philippe Leclerc a dit «craindre que 13 personnes, des Afghans pour la plupart, qui avaient exprimé le souhait de pouvoir demander l'asile, n'aient pas pu être enregistrées à temps» et aient été incluses à leur corps défendant dans le groupe de lundi.

Elles auraient pu être victimes de la confusion régnant à Chios depuis les rixes qui ont provoqué la fuite, selon les médias, de 600 migrants hors du camp de rétention de Vial d'où sont censés être coordonnés les départs.

Selon Toufik, un Afghan interné à Moria, le camp de Lesbos, les autorités grecques ont traîné les pieds au début pour enregistrer les demandes. Avant d'accélérer le rythme, grâce notamment à l'arrivée des premiers renforts européens promis dans le cadre de l'accord UE-Turquie.

Mais sur quelque 2300 agents attendus par Athènes - surtout policiers et experts de l'asile - seul un dixième était déjà déployé sur les îles, selon la Commission européenne. A Moria, la direction du camp n'en a pas moins informé par mégaphone des formalités à suivre.

Près de 50'000 migrants en Grèce

Outre ceux visés par l'accord UE-Turquie, 46'000 autres migrants arrivés avant le 20 mars stagnent toujours en Grèce, et 225 autres ont encore débarqué sur les îles depuis lundi, selon les autorités grecques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), 172'089 migrants sont arrivés en UE par la mer depuis le 1er janvier, dont 152'137 en Grèce et 19'287 en Italie. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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