Benoit XVI: Le pape se recueille au mémorial de la Shoah à Jérusalem
Actualisé

Benoit XVILe pape se recueille au mémorial de la Shoah à Jérusalem

Benoît XVI a entamé lundi la deuxième étape -sans doute la plus délicate- de son pélerinage en Terre sainte: Israël. Dès son arrivée à Tel Aviv, le pape a appelé à la création d'un Etat palestinien, une voie sur laquelle le nouveau gouvernement israélien refuse de s'engager explicitement

A Jérusalem ensuite, il a rendu hommage aux six millions de juifs tués dans les camps nazis, alors qu'il est toujours reproché au Vatican de n'avoir pas fait assez pour empêcher la Shoah.

Les cris des victimes «résonnent encore dans nos coeurs», a déclaré Benoît XVI à Yad Vashem, le mémorial de l'Holocauste. «Ils ont perdu leur vie mais ils ne perdront jamais leur nom.»

Au cours d'une cérémonie pleine d'émotion, il a serré la main de six rescapés de l'Holocauste et a ranimé la flamme du souvenir. Il a assuré que l'Eglise oeuvrait afin que ne revienne jamais le règne de la haine.

Sa visite à Yad Vashem avait été soigneusement préparée. Le parcours n'incluait pas le musée retraçant l'histoire de la Shoah. Dans l'une des salles, une photographie de Pie XII est accompagnée d'une légende rappelant que ce pape n'a pas protesté contre le génocide des juifs durant la Seconde guerre mondiale.

Benoît XVI, qui a qualifié Pie XII de «grand homme d'église», soutient sa canonisation. Beaucoup de responsables au Vatican affirment qu'une dénonciation publique de la politique du IIIe Reich risquait d'entraîner des représailles qui auraient pu se solder par encore davantage de morts.

Le pape, qui s'appelle Joseph Ratzinger et a grandi en Allemagne, a lui-même essuyé des critiques pour avoir été membre des Jeunesses hitlériennes durant la guerre. Il affirme y avoir été contraint.

Depuis son accession au trône de Saint Pierre, Benoît XVI a multiplié les maladresses. Il a levé l'excommunication de quatre évêques intégristes, dont l'Anglais Richard Williamson qui nie l'existence de l'Holocauste. L'année dernière, il a redonné droit de cité à une prière pour la conversion des juifs. Et durant l'offensive israélienne contre le Hamas, l'un de ses proches collaborateurs a comparé la Bande de Gaza à un «vaste camp de concentration».

Dès sa descente d'avion à Tel Aviv, en provenance de la Jordanie où il avait passé trois jours, le pape a appelé Israéliens et Palestiniens à résoudre le conflit qui les oppose. «L'espoir d'innombrables hommes, femmes et enfants d'un avenir de stabilité et de sécurité dépendent des résultats des négociations de paix», a rappelé Benoît XVI lors d'une cérémonie d'accueil à l'aéroport international Ben Gourion. Il a appelé les responsables à rechercher une «solution juste» afin que «les deux peuples puissent vivre en paix dans une patrie à eux, à l'intérieur de frontières sures et internationalement reconnues».

Il s'exprimait notamment devant le nouveau Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, qui depuis la victoire de son parti, le Likoud, aux dernières législatives, a refusé de se prononcer en faveur d'une solution à deux Etats.

Il a ensuite rendu visite à Jérusalem au président israélien Shimon Pérès. Ensemble, ils ont planté un olivier. Shimon Pérès a remis deux cadeaux au pape: des épis d'un blé baptisé «Benoît XVI» par ses concepteurs israéliens et une particule de silicone contenant, grâce aux nanotechnologies, un texte en hébreu de 300.000 mots tiré de la Torah. «Je ne crois pas que vous en ayez une comme ça au Vatican», a soufflé le président israélien.

Auparavant, le pape avait rencontré en privé les parents du soldat franco-israélien Gilad Schalit, capturé par des activistes palestiniens il y a trois ans et retenu depuis dans la Bande de Gaza. (ap)

Ton opinion