Ville de Genève: Le paquet zone piétonne et parking soumis au vote
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Ville de GenèveLe paquet zone piétonne et parking soumis au vote

Le projet Clé-de-Rive prévoit le passage de 33’000 m² en zone piétonne autour de Rive et la construction d’un parking souterrain de 498 places. Combattu par référendum, il est soumis au peuple le 7 mars.

par
Maria Pineiro
La rue Pierre-Fatio deviendra piétonne. 

La rue Pierre-Fatio deviendra piétonne.

Architron 2019/TDG

C’est un serpent de mer comme les aime la Cité de Calvin: la piétonnisation du centre-ville. Le 7 mars, les habitants de la Ville de Genève se prononceront sur le projet Clé-de-Rive. D’un côté, il s’agit de piétonniser 13 rues, soit 33’000 mètres carrés, autour du rond-point de Rive et de réorganiser la desserte en transports publics. Coût pour la collectivité 34 millions de francs acceptés par le Conseil municipal en 2019. De l’autre côté, la Ville a signé une convention avec des promoteurs privés qui construiront un parking de 498 places sur six étages sous la rue Pierre-Fatio. Les deux facettes du projet sont liées. Il a été combattu par un référendum mené par la gauche.

Paquet ficelé

Ce qui gêne les opposants, c’est le lien entre la piétonnisation et la construction d’une nouvelle infrastructure de stationnement à l’hypercentre. «On ne vote pas uniquement sur une zone piétonne, mais bien sur un paquet ficelé, insiste Delphine Wuest, conseillère municipale écologiste et pourfendeuse du projet. En réalité, les habitants se prononcent sur la construction d’un énième parking souterrain privé au centre.»

Cartes rebattues

Dans la brochure distribuée à la population, les autorités se prononcent pour le projet Clé-de-Rive. Le compromis soumis à la population a effectivement été soutenu par l’Exécutif et accepté par le Conseil municipal lors de la précédente législature. Mais entretemps, les élections ont rebattu les cartes. En Ville de Genève, le Conseil municipal est désormais ancré à gauche et une majorité du nouveau gouvernement a longtemps milité contre le projet lorsqu’elle était sur les bancs du délibératif. Aujourd’hui, les magistrats de gauche se disent opposés au projet, ce qui fait bondir la droite, qui les accuse de ne pas honorer l’accord passé avec le promoteur du parking. Le texte prévoyait un soutien administratif.

Pour Maxime Provini, élu municipal PLR, Clé-de-Rive constitue au contraire une opportunité pour élargir la piétonisation du centre, aujourd’hui limitée à certaines places. «Le projet est issu d’un compromis entre les autorités municipales, cantonales et les Transports publics genevois, insiste-t-il. Sa réalisation permettra la cohabitation de tous les modes de transport et évitera que les habitants ne désertent le centre pour la périphérie ou les supermarchés français. Cela fait sens de faciliter l’accès aux commerces à tous.» Pour les opposants, il s’agit plutôt d’un vestige du passé. «Il y a suffisamment de parkings autour de Rive, souligne Delphine Wuest. Une nouvelle infrastructure incitera les gens à venir en voiture. Ce parking, c’est un aspirateur à voitures.»

Pas de plan B

Pour aller au bout de leur démarche, les opposants ont lancé, avec succès, une initiative visant également à créer une zone piétonne plus large dans le même périmètre. Pour eux, nul besoin de parking en échange, bien au contraire. «Cela se fera sans les nuisances de travaux et plus rapidement en cas de refus de clé-de-Rive», estime Delphine Wuest. Une possibilité à laquelle ne croit pas Maxime Provini pour qui, si on refuse un projet discuté depuis dix ans, «il faudra tout recommencer. Il y en aura pour des années». Et de rappeler la votation de 1998. A l’époque, les Genevois avaient dit non à un réaménagement de la place De Neuve et à la construction d’un ouvrage souterrain de stationnement. «Depuis, il ne s’est plus rien passé dans ce périmètre.»

Loyer sur le chiffre d’affaires

L’ancien Conseil administratif de la Ville a signé une convention avec les maîtres d’ouvrage du parking souterrain, des promoteurs privés. Durant 65 ans, ils verseront un pourcentage du chiffre d’affaires à la collectivité publique. Cette part augmentera d’année en année. Au bout du compte, la commune devrait toucher quelque 169 millions de francs, mais ne devrait rentrer dans ses frais que d’ici vingt ans.

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