Turquie: Le parc Gezi d'Istanbul est rouvert au public
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TurquieLe parc Gezi d'Istanbul est rouvert au public

Le parc Gezi, au centre d'Istanbul, a rouvert dans le calme mardi après une nuit d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre turques.

Son projet de réaménagement a donné lieu le mois dernier à un vaste mouvement antigouvernemental.

Lundi soir, la police a eu recours à un canon à eau et au gaz lacrymogène pour barrer la route à plusieurs milliers de personnes qui convergeaient vers le site, fermé trois semaines plus tôt après le démantèlement du camp dressé par les contestataires.

Des jeunes s'y sont installés mardi sous une banderole portant l'inscription «Bienvenue dans le parc des martyrs de Taksim. 1977-2013», évoquant la trentaine de manifestants tués le 1er mai 1977 sur la place voisine et les victimes de la répression du dernier mouvement.

Quatre morts

Un autre groupe a déposé des plaques de marbre portant les noms des quatre personnes qui ont trouvé la mort dans les manifestations du mois dernier et celui d'un jeune Kurde tué fin juin dans la province de Diyarbakir lors d'un rassemblement contre la construction d'une gendarmerie.

Les forces de l'ordre, en nombre limité, sont restées aux abords du parc, où devait avoir lieu dans la soirée le premier «iftar», ou repas du soir, du ramadan.

Les vastes manifestations contre le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan, aux affaires depuis 2002, ont suivi la répression, le 31 mai, d'un mouvement de protestation contre le projet de réaménagement du parc.

Projet suspendu

Le mouvement s'est progressivement essoufflé dans la seconde quinzaine de juin après l'intervention des forces de l'ordre et après que la justice a suspendu le projet. Le gouvernement peut encore faire appel de cette décision.

Le parc venait d'être rouvert au public lundi soir quand la police anti-émeutes a évacué les centaines de personnes présentes et en a bloqué les entrées en prévision d'un appel du mouvement Solidarité Taksim à s'y rassembler en soirée.

Selon l'organisation, qui réunit partis politiques et ONG, la police a procédé à plus de 80 interpellations. Un jeune de 17 ans, touché à la tête par une grenade lacrymogène, a été hospitalisé pour une hémorragie cérébrale. (ats)

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