Le «Parisien» renonce à publier samedi un entretien de Sarkozy
Actualisé

Le «Parisien» renonce à publier samedi un entretien de Sarkozy

La Commission nationale de contrôle de la campagne en vue de l'élection présidentielle (CNCCEP) a estimé qu'une telle parution était interdite la veille du scrutin.

Le quotidien avait publié vendredi une interview de Ségolène Royal, annonçant en bas de page la parution le lendemain d'un entretien de son adversaire UMP. Ce qui a «étonné» Jean-Louis Bianco et François Rebsamen. Dans un communiqué, les directeurs de campagne de la candidate socialiste ont demandé au journal de «renoncer à la publication de cette interview».

Alertée vendredi matin, la CNCCEP a étudié la question durant la journée. «La campagne (...) est close à 24h ce soir», rappelait Gilles Bachelier, rapporteur général de la Commission nationale de contrôle, joint au téléphone dans la soirée par l'Associated Press. «Et donc aucun entretien accordé à un journal ne peut être diffusé le samedi (...) par un organe de presse écrite».

«Le Parisien» a renoncé à publier l'interview dans ses pages. «Nous la publions in extenso dans quelques minutes sur notre site Internet et nous en ferons un court résumé dans le journal demain», expliquait vendredi soir le directeur adjoint de la rédaction Dominique de Montvalon.

Il s'est étonné qu'»une interview d'un candidat, dans le respect du pluralisme, puisse être assimilée à de la propagande».

Pour Gilles Bachelier, en effet, «le candidat doit s'abstenir de faire des déclarations qui sont reproduites dans la presse après la clôture de la campagne». Sinon, «c'est un acte de propagande qui serait irrégulier et qui serait, le cas échéant, pris en compte par le juge de l'élection», c'est-à-dire le Conseil constitutionnel, a averti le rapporteur de la CNCCEP.

Interrogé sur d'éventuelles sanctions pour le candidat qui se livrerait à de telles déclarations, ou l'organe de presse qui les publierait, le rapporteur de la CNCCEP a répondu: «Pour dire la vérité, il n'y a pas de disposition pénale précise sur ce point».

«Nous sommes respectueux des lois de la République. Mais nous avons notre avis là-dessus», a déclaré Dominique de Montvalon, en précisant que «le premier à intervenir (pour que l'interview de Nicolas Sarkozy ne soit pas publiée) a été un des bras droits de Ségolène Royal». Après l'avis de la Commission nationale de contrôle, «Le Parisien» a préféré une diffusion en ligne. (ap)

Ton opinion