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SuisseLe Parlement a voté des dépenses irréalisables

Durant la session d'automne, les Chambres ont voté des dépenses irréalisables à cause du frein à l'endettement, selon le directeur de l'administration des finances Serge Gaillard.

par
Christine Talos
Le conseil des Etats veut économiser moins fortement que le Conseil fédéral, selon Serge Gaillard.

Le conseil des Etats veut économiser moins fortement que le Conseil fédéral, selon Serge Gaillard.

photo: Keystone

La session des Chambres s'est terminée la semaine dernière. Trois semaines durant lesquelles le Parlement a puisé avec largesse dans les caisses fédérales. «Les dépenses ont augmenté nettement plus que ce que le Conseil fédéral le souhaitait dans pratiquement tous les domaines», critique Serge Gaillard, directeur de l'administration fédérale des finances Serge Gaillard.

Avec le programme de stabilisation 2017-2019, le conseil des Etats veut économiser moins fortement que le Conseil fédéral. Ce dernier aimerait alléger le plan financier - du 1er juillet 2015 - de 800 millions à un milliard de francs par an.

Et le responsable a sorti sa calculette: il est arrivé à la conclusion que le budget de la Berne fédérale allait grimper de 150 millions de plus l'an prochain. Ce qui sera tout juste compatible avec le frein à l'endettement, a-t-il estimé sur les ondes de la radio alémanique SRF. Mais cela va aller en s'empirant ces prochaines années selon lui. «Ces décisions (du Parlement) auront un impact très fort. Nous devons nous attendre à un déficit de 1,5 milliard de francs pour 2018-2020. »

Déjà un déficit de 5 milliards prévu

Hic: le gouvernement a déjà prévu un déficit de 5 milliards pour ces mêmes années. Selon Serge Gaillard, il faut donc agir. Et vite. «Nous allons devoir travailler un nouveau paquet d'économies pour 2018-2020, afin de pouvoir réduire ces nouvelles dépenses», prévient-il.

Le directeur de l'administration fédérale des finances est en outre très critique envers les politiciens. «Le Parlement a adopté des résolutions qui ne sont pas applicables dans le cadre du frein à l'endettement», reproche-t-il.

Son équipe et lui va donc devoir concoter un plan d'austérité pour réduire les dépenses. Et le Parlement va devoir, bon gré mal gré, composer avec l'argent du ménage à disposition l'année prochaine, prévient-il.

Que va-t-il se passer si personne n'accepte de réduire ses dépenses? «Le Parlement a toujours attaché de l'importance à ce que le frein à l'endettement soit respecté», espère diplomatiquement Serge Gaillard. Il estime que l'on assiste probablement à une lutte pour la répartition de la manne fédérale. «Tous essaient d'obtenir plus d'argent dans leurs domaines respectifs, sachant pertinemment qu'il faudra ensuite à nouveau procéder à des coupes», estime-t-il.

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