Venezuela: Le Parlement demande l’expulsion de l’ambassadrice de l’UE
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VenezuelaLe Parlement demande l’expulsion de l’ambassadrice de l’UE

Le parlement vénézuélien, dominé par le parti du président Nicolás Maduro, a demandé mardi au gouvernement d’expulser l’ambassadrice de l’Union européenne en riposte aux nouvelles sanctions de l’UE contre 19 fonctionnaires.

«Je vote des deux mains pour que la représentante de l’Union européenne soit déclarée persona non grata», a déclaré le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, avant d’appeler au vote. (Image d’archive)

«Je vote des deux mains pour que la représentante de l’Union européenne soit déclarée persona non grata», a déclaré le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, avant d’appeler au vote. (Image d’archive)

AFP

L’Assemblée nationale a approuvé un «accord de rejet» de ces sanctions et prévoit d’«exhorter» le chef de l’État à «déclarer persona non grata la cheffe de la délégation diplomatique» de l’Union européenne, Isabel Brilhante Pedrosa, afin de procéder à son «expulsion». Le texte, approuvé à l’unanimité par les députés, demande également une révision de l’accord sur la présence de la représentation européenne à Caracas.

«Je vote des deux mains pour que la représentante de l’Union européenne soit déclarée persona non grata», a déclaré le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, avant d’appeler au vote.

L’UE a sanctionné lundi 19 hauts fonctionnaires du régime de Nicolás Maduro pour leur rôle dans des actes et décisions portant selon elle atteinte à la démocratie et à l’État de droit au Venezuela. La décision, validée par les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept, porte à 55 le nombre total de responsables et hauts fonctionnaires du gouvernement de Nicolás Maduro sanctionnés par l’UE (interdiction de voyager et gel des avoirs sur le territoire de l’Union).

Deux députés de la nouvelle Assemblée nationale, «non démocratiquement élue» selon l’opposition, José Bernabé Gutierrez Parra, dirigeant du parti Accion Democratica, et Jose Dionisio Brito Rodriguez, responsable du parti Primero Justicia, sont au nombre des personnalités sanctionnées. L’UE a également sanctionné Omar Jose Prieto, gouverneur de l’État de Zulia, le commandant des forces armées Remigio Ceballos Ichaso, et trois responsables du Conseil électoral, dont sa présidente Indira Maira Alfonzo Izaguirre.

Réunion diplomatique mercredi

L’UE avait annoncé en janvier être prête à adopter des mesures restrictives ciblées supplémentaires, compte tenu de la détérioration de la situation au Venezuela à la suite des élections législatives de décembre 2020. À l’issue de ce scrutin, boycotté par les principaux partis de l’opposition et dont les résultats n’ont pas été reconnus par les États-Unis, l’Union européenne et plusieurs pays d’Amérique latine, le parti du président Maduro et ses alliés ont remporté 256 des 277 sièges de l’Assemblée nationale.

Le 29 juillet, après une précédente salve de sanctions européennes, Nicolas Maduro avait déclaré persona non grata Isabel Brilhante Pedrosa et lui avait donné 72 heures pour quitter le pays. Toutefois, à l’expiration du délai, le gouvernement avait fait marche arrière, tout en demandant à l’UE «des gestes» en échange.

Le gouvernement vénézuélien a annoncé pour mercredi une réunion de son ministre des Affaires étrangères, Jorge Arreaza, avec Isabel Brilhante Pedrosa ainsi qu’avec l’ambassadeur de France, Romain Nadal, et des représentants diplomatiques de l’Allemagne, de l’Espagne et des Pays-Bas.

Le Venezuela est devenu en 2017 le premier pays d’Amérique latine à être sanctionné par l’UE, qui a depuis adopté des sanctions contre 55 fonctionnaires vénézuéliens.

(AFP)

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