Actualisé 06.12.2006 à 11:56

Le parlement des Fidji officiellement dissout

L'armée a décrété mercredi l'état d'urgence aux Fidji, au lendemain de son coup d'Etat sans effusion de sang. Plusieurs opposants ont été arrêtés.

Elle a annoncé la dissolution officielle du parlement et le limogeage des responsables de la police.

Des soldats ont encerclé le parlement, qui a été dissous, et interrompu au Sénat une séance où était débattue une motion condamnant le putsch. L'auteur du coup d'Etat, le contre-amiral Frank Bainimarama, a prévenu que l'armée réprimerait tout soulèvement de la population.

«Nous avons des motifs raisonnables pour penser que la survie de l'Etat est menacée», a-t-il déclaré après avoir décrété l'état d'urgence. Il redoute notamment une réaction armée de l'opposition à son coup de force.

Malgré la condamnation internationale et intérieure de ce putsch, l'armée a notamment arrêté le président du parlement, le chef de la police et d'autres responsables soupçonnés d'être hostiles aux putschistes. Ces opposants ont été rassemblés dans des casernes à Suva.

Premier ministre renvoyé

Nommé mardi Premier ministre par intérim, Jona Baravilala Senilagakali, un médecin militaire sans expérience politique, a prêté serment au quartier général de l'armée. Il n'a pas fixé de calendrier pour l'organisation de nouvelles élections.

Le Premier ministre déposé mardi, Laisenia Qarase, a été conduit avant l'aube en avion par les militaires à sa résidence de l'est de l'archipel. «J'estime qu'environ 99 % de la population veulent la démocratie. La volonté du peuple est plus forte que le pouvoir des fusils», a-t-il dit à la radio australienne.

Tandis que plusieurs capitales ont suggéré que le coup d'Etat n'était pas irréversible, le contre-amiral Bainimarama a voulu montrer sa détermination. «Si nous sommes poussés à faire usage de la force, nous le ferons», a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Tourisme en danger

Un calme précaire régnait sur l'archipel de moins d'un million d'habitants. Le leader de l'opposition, Mick Beddoes, a dit craindre pour l'économie du pays, qui repose en grande partie sur le tourisme. Ces voix discordantes n'ont toutefois guère été entendues, en raison de la censure imposée sur les médias dès mardi par l'armée.

Le coup a été condamné de par le monde. L'Union européenne a exigé que le pouvoir soit rendu «au gouvernement démocratiquement élu». Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont annoncé la suspension de leur coopération militaire. Le Commonwealth a indiqué qu'il pourrait suspendre l'adhésion des îles Fidji lors de sa prochaine réunion vendredi à Londres. (ats)

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